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08 avr. 2024
Recul du trait de côte, habitat en danger
Environ 20 % des côtes françaises sont actuellement affectées par le recul du trait de côte, la frontière entre la terre et la mer, comme l'indique un rapport récemment publié par le Centre d'études et d'expertises sur les risques, l'environnement, la mobilité et l'aménagement (Cerema). Le rapport identifie les bâtiments susceptibles de disparaître du fait de l'érosion côtière à court, moyen et long terme. Et les autorités alertent notamment les 500 communes les plus exposées, alors que le ministre de la Transition écologique, Christophe Béchu, a affirmé que l'équivalent d'un terrain de football disparaît chaque semaine en France.
Bien que, comme le rappelle le Cerema, ce phénomène de recul côtier ne soit pas récent (il s’est étendu sur 900 km du littoral français au cours des cinquante dernières années), il suscite les préoccupations du secteur immobilier dans les zones concernées, où les propriétés en bord de mer, autrefois très prisées, sont désormais plus difficiles à vendre. 
 
Selon le Cerema, cette situation risque d’empirer, comme l’illustrent les trois scénarios envisagés. À court terme (d’ici à 2028), selon le premier scenario, environ 1 000 bâtiments, dont un tiers de logements, pourraient prendre l’eau, notamment dans les départements du Var, de la Corse, des Pyrénées-Atlantiques, de la Guadeloupe et de la Martinique. À moyen terme (d’ici à 2050), une hypothèse réaliste table sur 5 200 logements menacés, dont près de 2 000 résidences secondaires, ainsi que 1 400 locaux d'activités. La Guadeloupe, à elle seule, pourrait perdre 552 logements. Enfin, à long terme, le scénario le plus pessimiste met en garde contre les conséquences de l'inaction de l’Etat face au changement climatique, avec jusqu'à 450 000 logements, 55 000 bâtiments professionnels et 10 000 édifices publics susceptibles de disparaître d'ici 2100. 
 
Le gouvernement, qui collabore d’ores et déjà avec les élus des 500 communes les plus exposées, envisage des solutions d'indemnisation ou de relogement à l'intérieur des terres. 
 
Mais s’agissant de dispositifs préventifs, le Cerema indique qu’il n’existe pas de solution unique, comme la construction de digue, adaptée à l’ensemble du territoire pour enrayer l'érosion côtière, étant donné la diversité des caractéristiques côtières en France, allant des zones basses et sablonneuses de Camargue aux falaises crayeuses de Normandie. 

 

Source : Le Parisien / Reproduction interdite 

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