Point de vue - Par Jean-François Buet, Président élu de la FNAIM - Logement privé Logement social

Logement privé, l'autre nom du logement social - Le point de vue de Jean-François Buet - Pdt de la FNAIM

4 juin 13
Le discours collectif distingue le logement privé et le logement social, comme si l'univers du logement était coupé en deux, les familles plus aisées d'une part, les autres ailleurs. A ce jour, les plafonds de ressources rendent éligibles au logement HLM 60% de la population, alors que n'y sont hébergés que 20% de nos compatriotes. Où sont les autres ? Je vous le donne en mille : ils sont dans le parc privé.

Logement privé, l’autre nom du logement social

Par Jean-François Buet, Président de la FNAIM


Le discours collectif distingue le logement privé et le logement social, pour décrire une situation
politique française somme toute unique : le choix a été fait dans notre pays après-guerre de
construire un parc immobilier dédié aux salariés modestes, pour qui l'accès au logement privé
était financièrement impossible. Le mouvement HLM est ainsi né.
En fait, la qualification de ces logements a d'emblée été administrative,
avec à la clef le droit aux financements d'Etat distribués par la Caisse des Dépôts et Consignations.

Du coup, tout s'est passé comme si l'univers du logement était coupé en deux, les familles plus
aisées d'une part, les autres ailleurs. Ce clivage s'est accentué au fil de l'histoire : le
développement des classes moyennes, avec l'apparition du tertiaire, a grossi les rangs des
salariés, et en dépit de circuits de financement dédiés et d'allocations budgétaires puissantes, le
parc HLM, n'a plus suffi à répondre aux besoins des salariés. A ce jour, les plafonds
de ressources rendent éligibles au logement HLM 60% de la population, alors que n'y sont
hébergés que 20% de nos compatriotes.

Précisément, où sont les autres ? Où sont ceux que l'Etat estime dignes par la modestie de leurs
ressources d'être accueillis dans le parc dit social, et qui n'y sont pas ?
Je vous le donne en mille : ils sont dans le parc privé.
En clair, la population sociale de notre pays se répartit entre les deux parcs résidentiels,
dans des proportions qui font du parc privé... le premier parc social du pays !

Il n'y a lieu ni de s'en étonner ni de s'en indigner. Il faut seulement rétablir la vérité,
et ne plus lire la réalité avec le prisme de la règlementation, mais en
constatant l'occupation et la sociologie. Le langage spécialisé a fini par créer le concept de
"logement social de fait" pour désigner le parc qui accueille des ménages à bas revenus, bien
qu'il n'ait pas été construit avec cette finalité, grâce aux financements publics.

Cette question est d'ailleurs entrée dans le champ législatif par deux fois, d'abord lorsque la loi
Boutin a été votée, instaurant l'obligation de 20% de logements sociaux dans les villes, puis
récemment lorsque la loi Duflot a porté cette obligation à 25%. Des parlementaires ont fait valoir
qu'il serait pertinent de comptabiliser dans les logements sociaux non seulement le locatif HLM,
mais aussi l'accession sociale à la propriété et la fraction du parc privé occupée par des
ménages à très faibles revenus. En effet, on ne peut plus se limiter à tenir pour sociaux les
logements HLM. Il serait plus juste de parler de logements publics pour désigner le parc
administrativement considéré comme social au sens traditionnel, pour que le terme de social
puisse également s'appliquer au parc privé.

Cette mise au point a deux objectifs majeurs : dire la vérité quant à la responsabilité de loger les
plus fragiles, certes, et ainsi réhabiliter le parc privé, ses propriétaires et ses gestionnaires. Ils
partagent avec l'Etat et les collectivités la mission de loger les ménages les plus fragiles.


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