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Municipales 2026 en Île-de-France – Partie 3 - Logement : sans maires bâtisseurs, l’Île-de-France va droit dans le mur
En Île-de-France, les mises en chantier ont chuté de 59 500 à 40 800 entre 2022 et 2025*, alors que nous devons produire 80 000 logements neufs par an pour répondre au besoin. Les prochains maires franciliens n’ont pas le choix, ils vont devoir construire plus. Pour pallier le manque de foncier, nous les encourageons à multiplier les projets de construction de la ville sur la ville. Surélevez les bâtiments, investissez l’espace aérien en construisant au-dessus du périphérique ou des voies ferroviaires, mobilisez les friches ! Cela accroît sans doute la complexité technique, mais les promoteurs savent relever les défis. Faites-leur confiance ! Certains bâtiments ou terrains municipaux, peu occupés ou sous-exploités, pourraient aussi être optimisés par les promoteurs.
Il ne faut plus sacrifier de projets à fort potentiel sur l’autel d’un ZAN interprété de façon trop stricte. Il est vrai que dans les hypercentres, intégrer aux nouvelles constructions 30 % de surface de pleine terre obère économiquement toute opération de construction. Mais cela peut être compensé, n’en faites pas un frein ! Demandez aux promoteurs d’aménager leur opération pour intégrer ces 30 % autrement, par exemple en installant une toiture végétalisée, ou en aménageant des espaces verts ailleurs dans la ville. Il est possible de concilier ZAN et densification à condition d’avoir une vision objective et globale.
Enfin, il faut aussi faciliter l’exécution des projets en allégeant les lourdeurs administratives et en accélérant les délais d’instructions, tant pour les opérations neuves que pour les rénovations énergétiques. L’urgence de l’accès au logement nécessite d’abandonner la technocratie excessive qui dissuade les projets.
D’ailleurs, pour favoriser l’accession à la propriété des ménages modestes, il faut également revoir le Bail Réel Solidaire (BRS). Ce dispositif permet à un ménage d’acquérir la propriété des murs et de louer le foncier en payant une redevance mensuelle à un organisme de foncier solidaire qui, lui, en a la propriété. Il vaudrait mieux qu’en échange de ce versement mensuel le particulier acquiert petit à petit la propriété du foncier, sur la base de 2 % par an par exemple. Le BRS deviendrait ainsi l’APS, l’accession à la propriété solidaire. En cas de vente du logement par le particulier, le prix inclurait la quote-part de propriété qu’il aura acquise avec le temps. Ce système reflèterait davantage notre appétence historique pour la pierre.
Enfin, pour encourager massivement la rénovation énergétique en Île-de-France, les maires pourraient également exonérer de taxe foncière les propriétaires bailleurs vertueux, qui investissent dans des travaux de performance énergétique, comme le fait la Ville de Paris.

