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24 fév. 26

IA, décarbonation, construire à 50°C : les enjeux du bâtiment rappelés à la 10ème édition d’EnerJ-meeting Paris




EnerJ-meeting a réuni, le 10 février, au Carrousel du Louvre plus de 4 000 décideurs de la filière du bâtiment, 170 conférenciers et 180 exposants pour débattre de l’avancée, des enjeux et des leviers en matière de sobriété, transition environnementale, performance énergétique, mais aussi d’adaptation et de résilience du bâtiment.
 
 
Décarbonation et intelligence artificielle pour le bâtiment et la ville
 
Dans les années à venir, l’IA jouera un rôle structurant dans la transformation du bâtiment et de la ville. Pour Doris Birkhofer, présidente de Siemens France, l’IA sera aussi révolutionnaire que l’électrification au XIXᵉ siècle : elle deviendra un socle incontournable de nos modes de vie.
 
Dans le bâtiment, le digital est déjà présent à travers la gestion technique (GTB), mais il demeure sous-exploité. L’IA permettra d’optimiser les usages, d’améliorer la performance énergétique, de réduire les coûts, d’anticiper les besoins humains et de développer la maintenance prédictive. Elle constituera ainsi un levier majeur pour la décarbonation.
 
Toutefois, cette transformation suppose une vigilance : bien que les nouvelles générations de datacenters puissent réduire leur consommation d’environ 30 %, le coût énergétique de l’IA ne doit pas excéder les bénéfices attendus. L’enjeu est donc de cibler les usages à plus fort impact, en élargissant l’échelle d’intervention du bâtiment au quartier, voire à la ville.
 
Aujourd’hui, le développement de l’IA dans le bâtiment reste fragmenté : recherches dispersées, investissements éparpillés, absence de coordination. Il apparaît nécessaire de définir une trajectoire commune, un cadre partagé pour les données, et de renforcer les passerelles entre acteurs afin de structurer l’innovation.
 
 
Concevoir le bâtiment et l’espace urbain à 50 °C
 
Cette table-ronde a été l’occasion de rappeler que la conception des bâtiments ne peut plus se limiter à la seule performance énergétique ou à la décarbonation. Le changement climatique impose de repenser totalement nos façons de construire et d’aménager. Le scénario de températures atteignant 50 °C en France n’est plus théorique, et la question centrale n’est plus seulement le confort d’été, mais bien la santé des habitants dans les bâtiments. 80 % de notre vie se déroule dans ces immeubles, ce qui confère aux acteurs de la profession une responsabilité majeure en matière de santé publique, comme l’a tragiquement rappelé la canicule de 2003 et ses 15 000 victimes.
 
L’enjeu porte aussi sur l’existant : il est impossible de tout démolir et reconstruire, il faut adapter le « déjà-là ». Les coûts de l’inadaptation, estimés par l’ADEME à 10 milliards d’euros, pourraient être multipliés par 5 en 2050 et par 20 en 2070. Cette évolution est donc inéluctable et stratégique, d’ailleurs pour les acteurs du bâtiment, adapter leurs offres à cette perspective conditionne leur pérennité.

Enfin, la ville de demain devra être agile, dans son approche politique (engagement des élus et vision de long terme), sociologique (développer une culture du risque et de l’acceptation de l’aléa) et humaine, en agissant sur les pratiques quotidiennes transmises et partagées. Concevoir à 50°C n’est plus seulement une question de résilience du bâtiment, c’est responsabiliser sur la santé du collectif.
 
 
Le témoignage exclusif et inspirant de François Gemenne
 
Professeur à HEC, chercheur au Fonds national de la recherche scientifique (FNRS), co-auteur du sixième rapport du GIEC, et président du conseil scientifique de la Fondation pour la nature et l’homme (FNH) et du Sustainable Finance Observatory
 
François Gemenne, souligne d’abord que la France dispose déjà d’un grand nombre de solutions en matière de construction durable. Pourtant, les résultats restent insuffisants : les chiffres ne reflètent pas ces avancées, faute de massification et de diffusion à grande échelle. L’enjeu n’est plus seulement d’innover, mais de faire connaître, de déployer et de s’inspirer des bonnes pratiques existantes, en France comme à l’étranger.
 
Il insiste sur la nécessité de décloisonner les acteurs : constructeurs et spécialistes de la mobilité, promoteurs, bailleurs et banques doivent travailler ensemble pour imaginer des solutions adaptées, notamment en matière de rénovation globale et de financement. Dans un contexte de raréfaction des ressources publiques, il ne sera plus possible de s’appuyer principalement sur la subvention. Il faut donc inventer de nouveaux mécanismes privés, des alliances public-privé et des modèles économiques vertueux.
 
C’est dans cet esprit qu’a été lancée l’Alliance pour la décarbonation du bâtiment, rassemblant acteurs publics et privés de toute la filière afin de mutualiser les connaissances et co-construire des solutions opérationnelles. Enfin, François Gemenne rappelle que nous sommes passés de l’Holocène, période de stabilité climatique, à l’Anthropocène, marquée par l’instabilité. Cette nouvelle ère impose de repenser en profondeur l’architecture et les usages, pour faire de la transition un projet collectif permettant de mieux vivre.


4 start-ups récompensées
 
Après avoir étudié les solutions innovantes de 23 jeunes pousses, un jury composé d’acteurs incontournables de la filière du bâtiment* a récompensé 4 start-up :
  • Le Grand Prix a été décerné à la start up Le Bon Tuyau qui investit dans des équipements de production de chaleur et de rafraîchissement, puis les loue aux propriétaires de bâtiments de moyenne taille (de 300 à 5 000 m2), EHPAD, hôtels, logements et bureaux.
  • HWQ CONCEPT a gagné le prix spécial pour EnovaQ, un système de distribution d'eau chaude collective à grande vitesse qui permet de faire des économies en réduisant les pertes de chaleur.
  • Un prix coup de cœura été attribué à Vertuo City pour sa solution, unique, de végétalisation urbaine totalement autonome en eau.
  • Enfin, le jury a décerné un autre prix coup de cœur à la jeune pousse Orioma qui a développé un capteur multi-usages autonome et une solution multi-datas qui permet aux bâtiments de mieux gérer leur consommation énergétique et la maintenance de leurs équipements.
 
Cette édition a également été l'occasion d'annoncer la nomination d'Isabelle Zagnoni au poste de directrice d'EnerJ-meeting. Elle était auparavant directrice du développement de l'événement. Philippe Nunes occupera désormais la présidence du comité éditorial d’EnerJ-meeting.
 
Si vous souhaitez accéder au replay des conférences ou échanger avec un porte-parole d’EnerJ-meeting, n’hésitez pas à nous contacter.
 
EnerJ-meeting vous donne rendez-vous :
le 15 septembre 2026, au Palais de la Bourse, à Lyon
le 23 février 2027, au Carrousel du Louvre, à Paris
le 1er juin 2027, au Palais de la Bourse, à Marseille, pour une première édition
le 12 octobre 2027, à la HAB Galerie, à Nantes
 
 
* Véronique Pappe, Ekopolis ; Thibault Pedrono, FFB ; Philippe Pelletier, Plan Bâtiment Durable ; Laurent Arnaud, Cerema ; Stéphanie Derouineau, CSTB ; Marc Lereau, Bureau de l'adaptation au changement climatique, Sous-Direction de l'action climatique ; Christophe Rodriguez, Institut Français pour la performance du bâtiment ; Etienne Marx, Ademe ; Delphine Eyraud et Caroline Gattino, Gimelec ; Philippe Nunes, EnerJ-meeting ; Corentin Patrigeon, Xpair ; Pauline Polgar, Batiactu Groupe.