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4 mai 26

Les taux de crédit immobilier repartent à la hausse

Sous l’effet des tensions géopolitiques persistantes et de la hausse des prix de l'énergie observée au premier trimestre 2026 liés à la crise au Moyen Orient, les taux de crédit immobilier ont connu une légère hausse en avril. Malgré cette tendance, ils restent à des niveaux très accessibles, équivalents à ceux pratiqués en janvier 2025, en pleine période de baisse. Si cette hausse est causée aujourd’hui par des aléas externes, leur impact sur l’inflation pourrait à terme conduire la Banque Centrale Européenne à accroître ses taux directeurs et ainsi renforcer la pression sur le crédit immobilier.
Une hausse attendue
 
Avec une OAT 10 ans comprise entre 3,70 et 3,80% tout au long du mois, les taux de crédit immobilier ont mécaniquement subi une hausse sur toutes les durées, mais plus particulièrement sur 15 ans.
CAFPI a cependant obtenu en moyenne pour ses clients :
  • 3,20 % sur 15 ans (+13 points de base)
  • 3,33 % sur 20 ans (+7 points de base)
  • 3,43 % sur 25 ans (+5 points de base)
Comme pressenti le mois dernier, cette hausse touche également les meilleurs profils, confirmant un resserrement progressif des décotes qui leur étaient accordées. Pour ces ménages, CAFPI a pu négocier en avril jusqu’à :
  • 3,00 % sur 15 ans (+15 points de base)
  • 3,05 % sur 20 ans (+5 points de base)
  • 3,20 % sur 25 ans (+5 points de base)  
On anticipe désormais des taux moyens compris entre 3,30 % et 3,50 % sur l'ensemble de l'année 2026, une trajectoire qui pourrait s'accélérer si la gestion de la dette souveraine française ne s'améliore pas dans les prochains mois.
 
Une reprise fragilisée par le taux d’usure ?
 
La hausse des taux de crédit immobilier pourrait mettre en difficulté certains acquéreurs face au taux d'usure. Révisé chaque trimestre, ce plafond légal s'ajuste avec retard sur les taux du marché. Ainsi, quand les taux montent rapidement, comme c'est le cas actuellement, le coût total des nouveaux crédits se rapproche du plafond plus vite que celui-ci ne s'adapte. Cet effet ciseau pourrait bloquer jusqu'à 20 % des dossiers d'ici mai-juin.
 
En effet, une hausse progressive des taux accroît fortement les risques de refus et plus particulièrement pour certains profils : les emprunteurs les plus solvables (souvent pénalisés sur les durées courtes), les primo-accédants et ménages modestes (notamment pour les petits montants ou prêts aidés), ainsi que les plus de 45 ans en raison du coût de l’assurance.
 
Le risque inflationniste refait parler de lui
 
D’autre part, la crise au Moyen-Orient Et ses répercussions sur les marchés de l’énergie commencent à peser sur l’économie mondiale. En France, l’inflation a atteint en avril 2,2% contre 0,9% en février. De son côté, la BCE anticipe une inflation de +4% pour les 12 prochains mois, un niveau qui maintient la pression sur les taux directeurs européens et complique l'assouplissement monétaire espéré par les emprunteurs.
 
Dans ces conditions, le choix de l’institution de maintenir ses taux directeurs inchangés le 30 avril est une bonne nouvelle pour les emprunteurs. Cependant, si la situation perdure, la BCE sera contrainte d’accroître à nouveau ses taux, faisant peser une tension particulière sur le crédit immobilier.
 
Une évolution du pouvoir d’achat immobilier très disparate selon les régions
 
Si la hausse des taux se fait jour, elle s’accompagne d’une stagnation, voire d’un recul des prix de l’immobilier (-0,2% sur le 1er trimestre selon MeilleursAgents). Dans ces conditions, si le pouvoir d’achat immobilier évolue peu d’un mois sur l’autre, il permet, dans certaines grandes villes d’acheter un peu plus grand que le mois dernier pour une mensualité de 1 000 € sur 25 ans. Ainsi, à Rennes, la surface achetable croît de +1,04 m². D’autres villes enregistrent également des progressions, à l’instar de Lille (+0,24 m²), Nice (+0,11 m²), Montpellier (+0,16 m²) ou Rennes (+0,13 m²). Même Paris peut s’enorgueillir d’un +0,05 m².
 
Cette progression ne touche cependant pas toutes les grandes villes, certaines enregistrant des baisses allant de -0,04 m² à Toulouse à 0,086 m² à Nantes.