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19 oct. 26

« Faire rêver avec la ville, oui. Mais encore faut-il pouvoir y habiter »

Par François Gagnon président de ERA France et ERA Europe

 

Lors d'une intervention organisée par l'Institut Janus, Jacques Attali a le mérite de poser une question essentielle : pourquoi le logement, qui conditionne si profondément la vie des Français, occupe-t-il une place aussi secondaire dans les priorités politiques ?

Je partage sa conviction : notre profession doit mieux faire entendre sa voix et rappeler que l'immobilier n'est pas simplement une activité économique. C'est un élément fondamental de notre cohésion sociale, de notre mobilité et de notre qualité de vie. Une condition de notre dynamisme économique.

Ses conclusions sont cependant moins convaincantes . Et notamment cette idée selon laquelle les professionnels de l'immobilier ne sauraient pas suffisamment défendre leur secteur. Depuis des années, nous alertons sur les difficultés d'accès au logement, l'instabilité des règles, les freins à la construction et les obstacles à l'investissement. Ne pas être entendu ne signifie pas ne pas avoir de propositions.

Bien sûr, nous devons faire rêver avec la ville. Mais pour des millions de Français, le premier rêve est tout simplement de pouvoir s'y loger. Derrière chaque transaction, il y a un projet de vie : un premier achat, une famille qui s'agrandit, une mobilité professionnelle, une retraite à préparer. C'est cette réalité humaine que nous connaissons et accompagnons chaque jour.

La crise du logement exige une véritable volonté politique, de la stabilité, de la simplification et une vision de long terme. L'immobilier n'est pas seulement un secteur qui demande à être soutenu : c'est un moteur économique, un créateur d'emplois et un acteur essentiel de la vitalité de nos territoires. Encore faut-il lui permettre de jouer pleinement son rôle.

Quant à la « niaque » qu’appelle de ses vœux Jacques Attali, je peux lui assurer qu’elle ne manque pas sur le terrain. Il en faut pour entreprendre, investir, recruter et continuer à accompagner les Français dans leurs projets, malgré les nombreux obstacles auxquels notre profession est confrontée. Ce dont nous avons besoin, c’est d’un cap clair et de conditions qui nous permettent d’agir.

Alors oui, faisons rêver avec la ville de demain. Mais n'oublions pas que la première promesse d'une ville, c'est de permettre à ceux qui y vivent, y travaillent et y élèvent leurs enfants de pouvoir s'y loger.

Car une ville qui fait rêver, mais dans laquelle on ne peut plus habiter, n'est pas une réussite. C'est une promesse non tenue.