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30 oct. 26
Logement : les propositions de Jean-Luc Mélenchon face aux réalités du terrain
Par François Gagnon, président de ERA France et ERA Europe
« Face à la crise du logement, nous avons besoin de solutions concrètes, pas de mesures dont l’efficacité reste à démontrer.
Réquisitionner des bureaux vides ne suffit pas à créer des logements. Transformer des bureaux en habitations nécessite des travaux importants, des financements et du temps. La vraie question est de savoir combien de logements pourront réellement être créés, à quel coût et dans quels délais.
La réquisition pose aussi une question de fond : dans une société attachée à la liberté et au droit de propriété, ne faut-il pas privilégier l’incitation plutôt que la contrainte ?
Nous avons aujourd’hui besoin de redonner confiance aux investisseurs pour encourager la construction et la rénovation. Multiplier les contraintes risque au contraire de freiner les initiatives et de réduire encore l’offre de logements.
L’idée de limiter à cinq le nombre de logements transmissibles par héritage mérite également d’être questionnée. Pourquoi fixer une limite fondée sur le nombre de biens sans tenir compte de leur valeur réelle ?
Au-delà de ces propositions, c’est une certaine vision du rôle de l’État qui est en débat. Les solutions avancées par Jean-Luc Mélenchon relèvent parfois d’une logique aussi absurde que celle qui consisterait à tirer un feu d’artifice dans son salon : on peut toujours prétendre avoir une bonne idée, encore faut-il mesurer les conséquences avant de mettre le feu à la maison. La détresse des Français mal logés mérite mieux que des slogans et des solutions simplistes.
La crise du logement ne se résoudra pas en opposant propriétaires et locataires, ni en laissant croire que prendre aux uns suffirait à loger les autres. Réquisitionner n’est pas construire, et désigner des coupables ne crée pas un seul logement. Ce dont nous avons besoin, c’est d’une politique qui encourage l’investissement, la construction et la rénovation, plutôt que de fragiliser davantage un secteur déjà en difficulté.
À mes yeux, cette proposition illustre une dérive du débat sur le logement. Les applaudissements sont immédiats ; la facture économique et sociale vient ensuite, avec le risque qu'elle soit payée par ceux-là mêmes auxquels on prétend venir en aide.
Jouer ainsi avec le droit de propriété, l'investissement et la confiance est profondément dangereux. La crise du logement mérite mieux que des promesses séduisantes mais déconnectées des réalités du terrain. La responsabilité politique ne consiste pas à faire applaudir des propositions, mais à en assumer les conséquences. Et ce sont les Français qui risquent, une fois encore, d'en payer le prix. »

