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2 nov. 26
Présidentielle 2027, ce que les copropriétaires attendent de la rénovation
Comment ne pas comprendre le désarroi des copropriétaires face à la rénovation énergétique ? Ménages comme professionnels de la filière du logement voient les règles du jeu changer sans cesse et ses outils remaniés. Le guichet de l’Anah a par ailleurs fermé deux ans de suite, de janvier à avril, faute de budget voté. Au 1er janvier 2026, le changement du coefficient de conversion de l'électricité en énergie primaire a fait sortir environ 850 000 logements du statut de passoire énergétique, sans les moindres travaux. Début octobre, l'Anah a acté une baisse de 351 millions d'euros du budget de MaPrimeRénov' pour 2026, dont 50 millions d'euros sur les aides à la rénovation des copropriétés, et le projet de budget 2027 prévoit une nouvelle réduction de 200 millions d'euros de sa dotation. Pourtant, dans cet univers mouvant, une constante demeure, la copropriété est désignée comme une priorité de la rénovation du parc résidentiel. Pourrait-il en être autrement quand, selon l’Adil, près de 13 millions de logements relèvent de ce régime et que près d'un logement sur deux en copropriété a été construit avant 1975 ?
Les Français partagent ce sentiment d'instabilité et d'inquiétude. Pour 63 % d’entre eux, la part du budget consacrée au logement (loyer ou crédit, charges, énergie) a augmenté au cours des cinq dernières années, et 19 % craignent de ne pas pouvoir rester dans leur logement actuel pour des raisons financières. Les personnes interrogées placent les charges de copropriété et la facture d'énergie parmi les postes qui se dégraderont le plus dans les vingt prochaines années. Dans un pays où près de 13 millions de logements sont en copropriété, ces inquiétudes concernent directement la rénovation des immeubles.
Dans le même temps, le soutien public à la rénovation se fragilise. Début octobre, l'Anah a acté une baisse de 351 millions d'euros du budget de MaPrimeRénov' pour 2026, dont 50 millions d'euros sur les aides à la rénovation des copropriétés. Le projet de budget 2027 prévoit une nouvelle réduction de 200 millions d'euros de la dotation de l'Anah.
Pour Synergiec, qui accompagne les copropriétés dans leurs projets de rénovation énergétique, ce décalage entre des besoins qui augmentent et des aides qui reculent est le premier frein constaté sur le terrain. Une rénovation en copropriété engage des dizaines de ménages, la copropriété moyenne comptant une quarantaine de copropriétaires pour 1,5 million d'euros de travaux. Elle exige plusieurs votes en assemblée générale et se prépare sur 2 à 3 ans. Or, cet équilibre reste fragile, soumis à l’évolution des dispositifs de financement et à la hausse du coût des matériaux, qui peuvent contraindre les copropriétés à revoir leurs budgets en cours de projet. Dans un contexte inflationniste et marqué par l’incertitude, Synergiec observe à ce stade un report de 10 % des assemblées générales. Ces décalages ne sont toutefois pas sans conséquence : les travaux qui n’ont pas encore été votés et sont reportés pourraient voir leur coût augmenter, nécessitant une actualisation des budgets.
Un projet de rénovation de copropriété se construit dans la durée, avec des copropriétaires qui doivent se projeter sur plusieurs années. Quand les aides varient d'un budget à l'autre, ce sont des projets entiers qui sont reportés, voire abandonnés. À l'approche de la présidentielle, nous demandons aux candidats de dire clairement quelle place ils donneront à la rénovation des copropriétés. Pour redonner de la visibilité aux syndicats de copropriétaires et débloquer les votes, Synergiec porte quatre propositions auprès des candidats à la présidentielle.
- Réduire les délais de traitement de MaPrimeRénov' Copropriété, pour que les votes et les plans de financement ne soient plus fragilisés par l'attente des décisions.
- Maintenir les CEE à hauteur de 3,2 milliards d'euros pour la rénovation d'ampleur, pour préserver une source de financement sur laquelle reposent les plans de financement des copropriétés.
- Mettre en place le prêt collectif à adhésion obligatoire, pour que l'ensemble des copropriétaires participent au financement voté en assemblée générale et que le projet ne soit pas fragilisé par des adhésions partielles.
- Faire voter les travaux de rénovation énergétique à la majorité simple (article 24) plutôt qu'à la majorité absolue (article 25), pour qu'un projet soutenu par la majorité des copropriétaires présents ne tombe pas faute d'une majorité de l'ensemble des voix du syndicat.
Les copropriétaires attendent des travaux qui améliorent leur quotidien, pas seulement leur étiquette énergétique. Une rénovation pensée pour le confort et pas seulement pour l'énergie. La consommation d'énergie, les conforts thermiques d'hiver et d'été, qui prennent vraiment de l’ampleur depuis 2 ans, l'isolation phonique et la ventilation sont les cinq critères les plus déterminants pour se sentir bien logé.
Synergiec appelle l'ensemble des responsables politiques et des candidats à bâtir une position transpartisane, un socle commun face à la rénovation énergétique, sujet partagé par tous les Français. Cette filière pèse 90 milliards d'euros. Elle ne peut plus être sous-estimée ni ignorée.
Les copropriétaires attendent aussi une stabilité des règles sur plusieurs années, avec une programmation pluriannuelle des aides à la rénovation des copropriétés, afin que les syndicats puissent voter des travaux sans craindre un changement de règles entre deux assemblées générales.
Enfin, un accompagnement et un financement collectifs renforcés, car le coût d'une rénovation globale reste hors de portée de nombreux copropriétaires sans avance de trésorerie, prêt collectif et accompagnement jusqu'au vote.
80 % des Français souhaitent davantage de logements neufs de qualité. Cette attente légitime ne doit pas faire oublier que l'essentiel des logements qui seront occupés dans vingt ans existe déjà, et qu'une grande partie d'entre eux se trouve en copropriété. La propriété reste en effet un horizon fort. 69 % des Français estiment qu'être propriétaire de sa résidence principale sera important ou indispensable pour se sentir bien logé dans vingt ans, et d’autant plus chez les jeunes générations (77 % chez les 18-24 ans).
Source : Baromètre QUALITEL 2026, étude réalisée par Ipsos pour l'Association, publiée le 14 octobre 2026.

