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15 jan. 2026
Construction neuve en Île-de-France : un décrochage historique face à des besoins toujours plus forts
La construction de logements neufs s’est effondrée en Île-de-France depuis la sortie de crise sanitaire. Selon des données inédites compilées par la Fédération française du bâtiment (FFB), les mises en chantier ont chuté de près de moitié dans plusieurs départements entre l’été 2021 et l’été 2025. Les reculs les plus marqués concernent les Hauts-de-Seine (-54 %), la Seine-Saint-Denis (-53 %) et la Seine-et-Marne (-49 %), illustrant l’ampleur d’une crise désormais structurelle.
Seule l’Essonne fait figure d’exception, avec une activité globalement stable (+1,7 %), portée par les programmes du plateau de Saclay. Ailleurs, la baisse est généralisée : -39 % dans le Val-d’Oise, -28 % dans les Yvelines, -20 % à Paris et -7 % dans le Val-de-Marne. Dans les territoires les plus chers, notamment les Hauts-de-Seine, le décalage entre les prix fixés avant la remontée des taux et la solvabilité actuelle des ménages freine fortement les ventes. À l’inverse, dans les zones plus abordables comme la Seine-et-Marne, la sensibilité accrue au prix pénalise tout autant la demande.
Conséquence directe : les réservations de logements neufs s’effondrent. Elles reculent de 63 % par rapport à 2019 à l’échelle régionale, tandis que le stock d’invendus progresse fortement. Il atteindrait environ 1 200 logements, principalement en petite couronne, représentant près de 17 mois de ventes à écouler, selon les données du Capem (Centre d'Analyses et de Prévisions Immobilières). Une situation paradoxale dans une région où les besoins sont estimés à 80 000 logements par an, soit presque le double du rythme actuel de construction.
La fin du dispositif Pinel, malgré le retour du prêt à taux zéro, accentue les difficultés. Les investisseurs privés, qui soutenaient largement la précommercialisation des programmes, se retirent progressivement du marché. Leur part devrait tomber à 15 % en 2025, contre 37 % en moyenne sur la dernière décennie. Or sans ces réservations, les promoteurs peinent à atteindre les seuils exigés par les banques pour lancer de nouveaux chantiers, seuils qui se sont nettement durcis.
À ces freins s’ajoutent un environnement réglementaire jugé de plus en plus contraignant, l’allongement des délais d’instruction des permis et un climat économique et politique peu propice à la prise de risque. Résultat : les défaillances se multiplient. Selon le cabinet Altares, 520 liquidations et redressements judiciaires sont attendus en 2025 dans la construction et la promotion en Île-de-France, soit plus de 40 % des défaillances nationales du secteur.