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20 jan. 2026
Immobilier et bâtiment : 2026 sous le signe de l’incertitude
Instabilité politique, absence de budget et manque de visibilité freinent les anticipations des professionnels. Si le marché ancien pourrait poursuivre une reprise modérée, l’investissement locatif et la rénovation énergétique restent les principaux points de fragilité.
À l’aube de 2026, les acteurs de l’immobilier et du bâtiment avancent avec prudence. Le contexte politique et l’absence de visibilité budgétaire rendent toute projection délicate, au point que certains professionnels peinent à se projeter au-delà de quelques mois.
Sur le marché du logement ancien, la dynamique amorcée en 2025 devrait néanmoins se prolonger, mais à un rythme plus modéré. La Fnaim anticipe environ 980 000 transactions en 2026, contre 950 000 l’année précédente, soit une progression limitée à un peu plus de 3 %. Cette tendance reste toutefois suspendue à deux facteurs majeurs : l’évolution des taux d’intérêt et la stabilité politique, susceptibles de retarder les projets des ménages.
 
Le logement neuf, en revanche, peine toujours à redémarrer. Après une année 2025 atone, les ventes devraient rester à des niveaux historiquement bas. Certains professionnels espèrent un léger regain après les élections municipales de mars, susceptible de remettre quelques projets sur le marché. Les promoteurs concentrent leur stratégie sur les primo-accédants, soutenus par le prêt à taux zéro, ainsi que sur les ventes en bloc à destination des bailleurs sociaux et du logement intermédiaire.
 
La question de l’investissement locatif demeure centrale. Depuis la fin du dispositif Pinel fin 2024, le marché s’est fortement contracté. Le futur statut fiscal du bailleur privé, destiné à relancer l’investissement grâce à l’amortissement des biens mis en location, reste en suspens faute de budget. Et même en cas d’adoption, les promoteurs estiment que ses conditions devront être suffisamment incitatives pour produire des effets réels.
 
Du côté de la rénovation, la suspension de MaPrimeRénov’ fragilise encore davantage le secteur. Le gel des aides à la rénovation énergétique prive les ménages de visibilité et menace de nombreux projets. Dans ce contexte, la Fédération française du bâtiment anticipe pour 2026 un « rebond sans reprise », après plusieurs années de forte contraction. Elle table sur une légère hausse du chiffre d’affaires du secteur, portée principalement par un frémissement du logement neuf, tandis que l’immobilier de bureau reste durablement en difficulté.
 
Cette perspective demeure toutefois fragile. Les mises en chantier restent à un niveau historiquement bas et les permis de construire reculent de nouveau, ce qui pèsera sur l’activité à venir. Quant à la rénovation énergétique, aucun véritable redémarrage n’est attendu, d’autant que les ajustements du calcul du DPE, faisant sortir environ 700 000 logements du statut de passoire thermique, brouillent encore la stratégie publique.
 
Source : Les Echos / Reproduction interdite
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