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20 jan. 2026
Logements vacants : la réquisition revient au cœur du débat politique
À chaque épisode de grand froid, la question de la réquisition des logements vacants refait surface. Face à une hausse des décès liés aux conditions climatiques et à une population de 350 000 sans-abri, la gauche, et en particulier La France insoumise, appelle le gouvernement à activer un dispositif juridique ancien mais largement inexploité.
La présidente du groupe LFI à l’Assemblée nationale, Mathilde Panot, a récemment relancé ce débat en plaidant pour la réquisition temporaire de logements et de bureaux inoccupés, au nom de l’urgence humanitaire. Elle s’appuie sur une ordonnance datant de 1945, qui autorise l’État à réquisitionner, pour une durée maximale de six mois renouvelables, des logements vacants, avec indemnisation des propriétaires. Un outil juridique complété en 1998 par une loi visant spécifiquement les logements inoccupés depuis plus de deux ans.
 
Dans les faits, ces dispositifs ont été très peu utilisés. Selon le ministère du Logement, la dernière réquisition d’ampleur remonterait au milieu des années 1990, avant que les gouvernements successifs ne privilégient d’autres solutions : création de places d’hébergement d’urgence ou mobilisation de bâtiments publics (gymnases, écoles, locaux administratifs). Une approche que l’exécutif juge plus rapide et moins conflictuelle que la réquisition de biens privés.
 
Pourtant, les chiffres nourrissent la controverse. La France compte 2,38 millions de logements vacants, soit 6,2 % du parc privé, un volume en recul depuis 2019 mais toujours massif. Parmi eux, 57 % sont vacants depuis plus de deux ans, une vacance dite « structurelle » qui freine durablement la mobilité résidentielle, selon l’Insee. Ce sont précisément ces logements que LFI souhaite voir mobilisés en priorité.
 
Aujourd’hui, les propriétaires de logements vacants depuis plus de deux ans en zone tendue sont déjà soumis à une taxe de 34 % de la valeur locative cadastrale, sauf justification particulière (succession, travaux, mise en vente…). Dans certaines communes, cette fiscalité peut même devenir un moindre mal, la hausse de la taxe sur les résidences secondaires atteignant jusqu’à 60 %.
 
Face aux appels à la réquisition, le gouvernement se montre ferme. Le ministre du Logement rappelle l’augmentation de 110 millions d’euros des crédits dédiés à l’hébergement d’urgence dans le projet de loi de finances 2026, estimant que la priorité doit rester budgétaire plutôt que coercitive.
 
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