Comprendre l'immobilier

Besoin de connaître l’actualité immobilière ? D’un cours de rattrapage sur la dernière loi en vigueur ? Ou juste curieux sur un sujet précis ?

20 jan. 2026
Fiscalité, normes, contraintes : pourquoi les propriétaires décrochent du locatif
Longtemps discrets, les propriétaires bailleurs expriment désormais ouvertement leur ras-le-bol. Réunis début décembre à Paris à l’initiative de la Fédération de défense des propriétaires et des copropriétaires (FDPCi), récemment créée, ils alertent sur un désengagement croissant qui pourrait aggraver durablement la crise du logement. Leur message est simple : chaque bailleur qui renonce, c’est un logement en moins sur le marché.
Au cœur de la colère, un sentiment de stigmatisation. Les propriétaires estiment être devenus les boucs émissaires d’une crise multifactorielle, souvent assimilés à des rentiers ou à des spéculateurs, alors que près des deux tiers ne possèdent qu’un seul bien. Pourtant, la pression fiscale n’a cessé de s’intensifier : taxe foncière, impôts sur les revenus locatifs, IFI, taxes sur les logements vacants, prélèvements sociaux, droits de mutation… La France figure aujourd’hui parmi les pays où la propriété est la plus lourdement taxée, selon le Conseil des prélèvements obligatoires.
 
Cette pression pèse d’autant plus que la rentabilité locative s’érode. La taxe foncière, en hausse de plus de 37 % en dix ans, cristallise les tensions. La récente tentative de révision automatique de ses bases, finalement suspendue par le gouvernement, a ravivé un fort ras-le-bol fiscal, rapidement suivi par de nouvelles inquiétudes liées à d’autres taxes locales et à une possible refonte de l’imposition des logements non occupés.
 
À cela s’ajoute un enchevêtrement de réglementations jugées dissuasives : encadrement des loyers, permis de louer, restrictions sur les locations touristiques, contraintes accrues sur les résidences secondaires et surtout obligations de rénovation énergétique liées au DPE. Pour de nombreux bailleurs, ces exigences représentent des coûts élevés, parfois impossibles à absorber, et incitent à vendre plutôt qu’à louer.
 
Les témoignages abondent de propriétaires ayant réduit drastiquement leur parc locatif, faute de rentabilité ou de visibilité. Un mouvement silencieux mais massif, alors même que le marché locatif manque cruellement d’offres, notamment dans les zones tendues.
 
Face à ce constat, la profession plaide pour un changement de paradigme : un statut fiscal du bailleur privé plus lisible, une stabilisation des règles et une reconnaissance de leur rôle dans l’équilibre du logement. Plusieurs responsables politiques évoquent désormais un « plan logement » d’ampleur, certains allant jusqu’à parler d’un Plan Marshall.
 
Fiscalité locatif
haut de la page