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20 jan. 2026
Location : une détente inédite depuis six ans, mais un marché toujours sous pression
En 2025, la tension locative recule pour la première fois depuis 2019. Si les loyers stagnent et baissent sur les grandes surfaces, le marché reste très contraint, avec une pression toujours forte sur les petites surfaces, notamment dans les grandes métropoles.
Après plusieurs années de durcissement continu, le marché locatif marque une inflexion en 2025. Pour la première fois depuis 2019, la tension locative diminue légèrement, selon l’indicateur publié par LocService. Celui-ci s’établit à 4,69 candidats par logement, contre 4,8 un an plus tôt. Une baisse modeste, mais symbolique, dans un contexte où la pénurie de logements semblait structurelle.
 
Cette détente ne s’explique toutefois pas par une amélioration de l’offre. La production de logements neufs reste fortement dégradée depuis la remontée des taux d’intérêt en 2022, aggravée par la hausse des coûts de construction et les difficultés de financement. À cela s’ajoute la sortie progressive de logements énergivores du parc locatif, malgré les récents ajustements du DPE. L’offre demeure donc contrainte, et la pression reste élevée sur le parc ancien.
 
Le rééquilibrage observé provient principalement de la demande. À l’échelle nationale, les loyers progressent à peine en 2025 (+0,6 %), soit moins que l’inflation, et reculent légèrement hors Île-de-France. La stabilisation est particulièrement visible sur les grandes surfaces : les loyers des T3, T4 et des maisons sont en baisse. Ce mouvement est lié au redémarrage progressif de l’accession à la propriété, favorisé par la baisse des taux depuis 2023, qui a permis à une partie des ménages familiaux de quitter le marché locatif.
 
En revanche, la pression reste très forte sur les petites surfaces. Les studios et T1 concentrent l’essentiel de la demande, portée par les étudiants et les jeunes actifs, qui représentent plus d’un tiers des candidats à la location. Ces logements constituent 37 % des locations réalisées en 2025, devant les T2. Cette dynamique s’accompagne d’une montée en puissance du meublé, désormais majoritaire sur le marché.
 
Les loyers illustrent cette segmentation croissante. Une pièce ou un studio se loue à des niveaux élevés rapportés à la surface, tandis que les grandes typologies deviennent plus accessibles. À Paris, toutefois, les loyers restent nettement au-dessus de la moyenne nationale, la capitale concentrant une part croissante des recherches locatives.
 
Au final, la baisse de la tension locative observée en 2025 s’apparente davantage à une respiration qu’à un véritable retournement de marché. Le déséquilibre persiste, mais il est désormais plus fragmenté. Pour les investisseurs comme pour les locataires, l’analyse fine des dynamiques locales devient plus que jamais déterminante.
 
Locatif immobilier
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