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20 jan. 2026
Le Sénat examine un plan de relance du logement sous le feu des critiques
Le Sénat a examiné en première lecture une proposition de loi des Républicains visant à « relancer la construction et la production de logements ». Largement soutenu par le gouvernement, le texte entend fixer un nouveau cap pour la politique du logement. Mais plusieurs de ses mesures, notamment sur la loi SRU, les pouvoirs des maires et la lutte contre les squats, suscitent une vive opposition des associations et de la gauche.
Un texte soutenu par le gouvernement, promis à l’adoption
 
Portée par Dominique Estrosi-Sassone, présidente LR de la commission des affaires économiques, la proposition de loi se veut une réponse globale à la crise du logement. Logement social, parc privé, rénovation, foncier, construction neuve : le texte embrasse un large champ et devrait être adopté sans difficulté lors du vote solennel prévu le 20 janvier.
 
Le ministre du Logement, Vincent Jeanbrun, a apporté un soutien appuyé à l’initiative, tout en se montrant réservé sur certaines dispositions.
 
Loi SRU : le point de rupture
 
Au cœur des débats, l’assouplissement de la loi SRU, qui impose aux communes urbaines un quota de logements sociaux. Le texte prévoit de permettre aux collectivités en retard d’intégrer des logements intermédiaires pour atteindre leurs objectifs.
 
Une mesure dénoncée par la gauche comme un « détricotage » d’un pilier de la politique du logement, et par les associations comme un recul pour l’accès au logement social.
 
Attribution des logements et lutte contre les squats
 
Les sénateurs ont également approuvé un renforcement du rôle des maires dans l’attribution des logements sociaux, avec l’instauration d’un droit de veto motivé. Là encore, les opposants alertent sur les risques de clientélisme et de discrimination.
 
Autre point très sensible : l’adoption de mesures complétant la loi anti-squat de 2023, élargissant les procédures d’expulsion aux bureaux et commerces et créant de nouveaux délits liés au maintien illégal dans des locaux.
 
Quelques convergences, malgré de fortes tensions
 
Parmi les rares mesures consensuelles figure la programmation de la fin de la réduction de loyer de solidarité, très critiquée pour avoir fragilisé le financement du logement social. Le texte fixe aussi un objectif de 400 000 logements construits par an d’ici 2030, contre environ 280 000 en 2024, même si le gouvernement juge cette inscription symbolique plus qu’opérationnelle.
 
Un texte à forte portée politique
 
Si son avenir à l’Assemblée reste incertain, la proposition de loi sert déjà de marqueur politique. La droite sénatoriale assume vouloir « poser des jalons » pour 2027, tandis que le gouvernement annonce un futur « grand plan logement » une fois le budget adopté.
 
Sénat logement
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