Comprendre l'immobilier
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22 jan. 2026
Faillites immobilières : après l’hécatombe, les premiers signes de stabilisation
Après une année 2024 marquée par un niveau historique de défaillances, le secteur immobilier amorce enfin une timide accalmie. En 2025, plus de 700 agences immobilières et constructeurs de maisons individuelles ont certes fait faillite, mais les chiffres repartent à la baisse : –19 % pour les agences et –6,5 % pour les constructeurs, selon l’étude du cabinet Altares.
Le constat reste sévère : plus de 1 000 défaillances ont été enregistrées dans chacune des deux catégories. Un niveau toujours très élevé, reflet d’une crise longue et profonde. Comme le rappelle le président de la Fédération nationale de l’immobilier (FNAIM), Loïc Cantin, « le marché a repris des couleurs mais est encore fragile ».
Après quatre années consécutives de hausse, ce retournement de tendance marque un tournant. En 2024, les faillites d’agences avaient atteint un pic inédit depuis la crise financière de 2008. Le reflux observé en 2025 s’explique en partie par l’amélioration progressive des conditions de financement et par la fin des remboursements massifs des prêts contractés pendant la période Covid.
Ce redressement bénéficie avant tout aux structures les plus solides. Les grands réseaux et les groupes de construction mieux capitalisés ont réussi à absorber le choc, parfois en diversifiant leurs activités ou en profitant d’un redémarrage spectaculaire des commandes. À l’inverse, les petites structures restent les grandes victimes de la crise. Les agences de moins de trois salariés concentrent à elles seules 72 % des faillites, un taux qui grimpe à 83 % chez les constructeurs. Des entreprises souvent fragiles financièrement, parfois trop opportunistes, et incapables de résister à l’effondrement brutal de la demande observé depuis 2022.
La question demeure désormais ouverte : cette embellie est-elle durable ? Pour Altares, « l’effet ciseau » entre baisse des revenus et hausse des coûts commence à se résorber, permettant aux entreprises de retrouver un certain équilibre. Mais l’incertitude économique reste forte, et le redémarrage dépendra largement de la confiance des ménages.
Tout se jouera dans les prochains mois sur deux variables clés : les taux de crédit et les prix immobiliers. Une remontée plus franche des taux, dans un contexte budgétaire instable, pourrait rapidement enrayer la reprise. Côté prix, la prudence domine. Ils devraient progresser modérément, de 1 à 2 % en 2026, selon la FNAIM.