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27 jan. 2026
Fiscalité : quand les grandes fortunes font leurs valises
Face à la pression fiscale croissante dans plusieurs pays européens, les ultra-riches regardent de plus en plus au-delà de leurs frontières. Espagne, Italie ou Émirats arabes unis rivalisent d’attractivité en proposant des régimes fiscaux sur mesure, au point de redessiner la carte mondiale des destinations privilégiées par les grandes fortunes, comme le confirme le dernier BARNES City Index.
La fiscalité s’impose désormais comme un critère déterminant dans les stratégies de localisation des ultra high net worth individuals (UHNWI), ces familles disposant de plus de 30 millions de dollars de patrimoine. Le BARNES City Index 2025 illustre ce basculement : les villes les plus prisées sont celles qui conjuguent qualité de vie, dynamisme économique et dispositifs fiscaux particulièrement favorables.
Madrid conserve ainsi la première place pour la deuxième année consécutive. La capitale espagnole bénéficie d’un environnement économique solide, d’un cadre de vie attractif et surtout d’une fiscalité très compétitive pour les nouveaux arrivants. Le régime dit « Beckham », avec un taux d’imposition plafonné à 24 % pendant six ans, des cotisations sociales faibles et une quasi-absence de droits de succession et de donation, séduit notamment les jeunes fortunes issues de la tech et des cryptomonnaies. Cette attractivité se traduit directement sur le marché immobilier haut de gamme, où les prix ont progressé de 15 à 20 % en 2025.
Milan signe une percée spectaculaire en se hissant à la deuxième place du classement. L’Italie a déployé depuis 2017 une panoplie de mesures destinées aux grandes fortunes internationales : abattement de 50 % sur les très hauts revenus, impôt forfaitaire plafonné et fiscalité successorale particulièrement clémente. Résultat : de plus en plus de Français fortunés s’y intéressent, attirés par une pression fiscale et des coûts de transmission nettement inférieurs à ceux pratiqués en France.
Dubaï complète le podium avec une promesse fiscale radicale : absence d’impôt sur le revenu, sur la fortune et de cotisations sociales. Malgré l’introduction récente d’un impôt sur les sociétés à 9 %, l’émirat continue d’attirer massivement les grandes fortunes, notamment britanniques. Dans un contexte où les patrimoines sont de plus en plus financiers et donc mobiles, ces politiques fiscales offensives accentuent la concurrence entre États et redéfinissent durablement les flux de richesse à l’échelle mondiale.