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16 fév. 2026
Hébergement contraint : le mal-logement invisible gagne du terrain
On parle souvent des sans-abris, beaucoup moins de celles et ceux qui n’ont d’autre choix que de vivre chez des tiers. Pourtant, cette forme de mal-logement concerne aujourd’hui près de deux fois plus de personnes que le sans-domicile, selon le 31ᵉ rapport de la Fondation pour le logement des défavorisés.
La France compte 350 000 personnes sans domicile, mais aussi 590 000 personnes hébergées de manière contrainte chez autrui (hors parents), un chiffre en hausse de 15 % depuis 2013. « On parle souvent des personnes sans abri, dans la rue ou en hébergement d’urgence et pas des personnes hébergées de manière contrainte chez quelqu’un d’autre. Il s’agit pourtant d’une forme de mal-logement », rappelle Manuel Domergue, directeur des études de la Fondation.
 
Ces situations restent largement invisibles dans les statistiques. Étudiants, jeunes actifs précaires, personnes séparées, seniors en perte d’autonomie ou victimes de violences conjugales : les profils sont multiples. 55 % sont des femmes, 38 % ont plus de 60 ans et 31 % ont entre 18 et 26 ans. Cet hébergement, parfois clandestin, crée souvent une relation de dépendance et une forte insécurité résidentielle : absence de droits, intimité réduite, risque d’expulsion du jour au lendemain.
 
La Fondation souligne que l’hébergement chez des tiers est fréquemment une étape avant la rue. Pendant la crise du Covid, de nombreuses personnes hébergées ont d’ailleurs préféré solliciter le 115 plutôt que de rester dans des situations devenues intenables. En parallèle, 24 % des ménages recourent désormais à une aide financière de leurs proches pour se loger, soit deux fois plus qu’en 2021, selon Christophe Robert, délégué général de la Fondation.
 
Réagissant au rapport, le ministre du Logement  Vincent Jeanbrun reconnaît que « l’hébergement contraint chez des tiers » révèle une crise sociale majeure et des situations de détresse invisibles. Il rappelle que l’État consacre plus de 3 milliards d’euros par an à l’hébergement d’urgence, avec 110 millions d’euros supplémentaires en 2026, tout en admettant que ces efforts restent insuffisants face à l’ampleur du phénomène.
 
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