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16 fév. 2026
Encadrement des loyers : un marqueur politique qui s’invite dans les municipales
Alors que le Parlement vient de pérenniser et d’élargir l’encadrement des loyers, le dispositif devient un sujet clivant dans la campagne des élections municipales. Présenté par ses défenseurs comme un outil de protection des locataires, il est dénoncé par ses opposants comme un frein à l’offre locative et à l’investissement. Sur le terrain, les effets restent discutés.
Un débat relancé par la loi et la campagne électorale
 
Mis en place en 2018, l’encadrement des loyers n’a jamais fait consensus. Mais l’examen, fin 2025, d’une proposition de loi visant à le pérenniser et à l’étendre a ravivé les oppositions. À l’approche des municipales, la question s’impose désormais dans de nombreuses villes, en particulier dans les zones tendues.
 
Pour la députée Renaissance du Finistère Annaïg Le Meur, le sujet est devenu un enjeu électoral à part entière, notamment dans les communes où le dispositif pourrait être remis en cause en cas d’alternance politique, ou étendu aux territoires voisins confrontés à la hausse des loyers.
 
Aujourd’hui, environ 70 communes appliquent l’encadrement, parmi lesquelles Paris, Lyon ou Lille, mais aussi certaines municipalités dirigées par la droite, notamment au Pays basque.
 
Deux visions irréconciliables du marché locatif
 
Les lignes de fracture sont nettes. Pour Manuel Domergue, directeur des études de la Fondation pour le logement des défavorisés, l’encadrement a permis une réelle modération des loyers et bénéficie d’un large soutien des locataires.
 
À l’inverse, Loïc Cantin, président de la FNAIM, y voit un dispositif « démagogique » qui décourage les investisseurs et contribue à la raréfaction de l’offre locative. Une critique reprise par plusieurs candidats aux municipales, qui dénoncent un outil complexe et inefficace face à la crise du logement.
 
Entre ces deux camps, certains élus locaux appellent à dépasser les postures. Thierry Repentin, coprésident de la commission Logement de l’Association des maires de France, estime que l’encadrement peut être « un outil utilisé à bon escient », à condition d’éviter les débats caricaturaux.
 
Des effets contrastés selon les études
 
Sur le terrain, les témoignages sont nuancés. Des professionnels de l’immobilier bordelais évoquent un « avant » et un « après », avec une amélioration des conditions d’accès au logement pour certains profils de locataires. De leur côté, les locataires soulignent des loyers plus contenus, mais aussi une concurrence accrue sur chaque annonce.
 
Les données disponibles alimentent elles aussi le débat. À Bordeaux, le loyer médian aurait augmenté deux fois moins vite que l’inflation entre 2022 et 2024. À Paris, l’Atelier parisien d’urbanisme estime que l’encadrement a généré une économie moyenne significative pour les locataires, sans impact durable démontré sur le volume d’annonces.
 
À l’inverse, l’observatoire privé Clameur affirme que le dispositif pénalise l’offre sans effet réel sur les loyers. D’autres acteurs, comme PriceHubble, observent une modération plus marquée des loyers dans les villes concernées, sans différence notable sur la baisse des annonces.
 
Un sujet appelé à durer
 
Entre protection des locataires et attractivité du marché locatif, l’encadrement des loyers s’impose désormais comme un marqueur politique fort au niveau local. À quelques mois des municipales, il illustre plus largement les divergences de visions sur la manière de répondre à la crise du logement, sans solution unanime à ce stade.
 
Source : AFP / Reproduction interdite
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