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27 fév. 2026
Viager : entre idées reçues et réalité économique
Le viager souffre d’une mauvaise réputation auprès du grand public, perçu comme peu sûr et fiscalement peu attractif. Le député Vincent Ledoux a récemment déposé une proposition de loi visant à relancer ce marché, en suggérant un contrat-type, un label « Viager solidaire » et des avantages fiscaux pour sécuriser la pratique.
Pourtant, selon Brigitte Courgeon, spécialiste de la formation en viager, ces critiques sont souvent infondées. Le cadre juridique existe déjà : les contrats sont encadrés par le Code civil et authentifiés par un notaire. La perception d’insécurité provient surtout de contrats incomplets, qui peuvent poser problème si l’acheteur ne peut plus verser la rente.
Du côté fiscal, le viager occupé, le plus utilisé dans la pratique, bénéficie déjà d’un abattement de 70 % sur les rentes pour les vendeurs de plus de 70 ans, tandis que l’acheteur profite d’une décote importante à l’achat et de frais de notaire calculés sur la valeur décotée du bien. Ces avantages rendent le viager plus intéressant qu’il n’y paraît.
Le marché, bien que marginal (environ 3 100 ventes en 2025 contre 4 100 en 2024), se diversifie avec de nouveaux profils d’acheteurs : expatriés, gendarmes, enseignants, ou détenteurs de logements de fonction. La mauvaise image du viager est renforcée par la culture populaire (films, conflits avec les héritiers) et par des contrats mal rédigés, mais des dispositifs existants comme la loi « Bien Vieillir » ou MaPrimeAdapt intègrent déjà le viager dans les politiques de maintien à domicile.
Enfin, la proposition de loi du député entraînerait des pertes fiscales pour l’État et les collectivités, qu’il envisage de compenser par des mesures discutables comme une taxe sur les alcools.
Ainsi, le viager n’est ni si risqué ni si fiscalement désavantageux qu’on le croit : les freins résident surtout dans la méconnaissance du cadre légal, la qualité variable des contrats et la perception sociale négative.