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16 mar. 2026
Immobilier en Île-de-France : à partir de quand la plus-value devient-elle quasi certaine ?
Les plus-values immobilières ne sont plus systématiques, surtout à court terme. Dans une nouvelle étude, les Notaires du Grand Paris analysent les gains et les pertes enregistrés en cas de revente selon la durée de détention et le département francilien. Conclusion : en cas de vente contrainte dans les trois ans suivant l’achat, la moins-value est aujourd’hui quasi inévitable, quel que soit le type de bien ou le territoire.
Les chiffres sont parlants : pour un appartement de trois pièces revendu au bout de trois ans, la perte moyenne varie d’un peu plus de 10 000 euros en Seine-et-Marne à plus de 50 000 euros à Paris. Pour les maisons, les montants sont encore plus élevés, atteignant plus de 100 000 euros dans les Hauts-de-Seine. Ces données sont exprimées en euros courants et n’intègrent ni l’inflation ni les frais d’acquisition.
À l’inverse, sur un horizon long, la tendance s’inverse nettement. Après dix ans de détention, la plus-value redevient quasi systématique. Un trois-pièces revendu au bout d’une décennie peut générer un gain moyen de près de 90 000 euros à Paris, tandis que les maisons des Hauts-de-Seine affichent des plus-values supérieures à 75 000 euros. « La pierre reste résiliente, c’est une valeur patrimoniale pérenne pour peu que l’on conserve son bien au moins 10 ans », souligne Élodie Frémont, porte-parole des notaires du Grand Paris. De fait, les durées moyennes de détention ont fortement progressé en vingt ans pour atteindre près de 14 ans pour les appartements et près de 16 ans pour les maisons en Île-de-France.
Entre ces deux bornes, la situation est plus contrastée. Les marchés les plus chers, notamment Paris et les Hauts-de-Seine, se révèlent les plus volatils : ils peuvent générer des pertes significatives en phase baissière, mais aussi offrir les gains les plus élevés sur longue période. À l’inverse, les départements de grande couronne présentent des trajectoires plus stables, avec des plus-values modestes mais moins exposées aux retournements brutaux.
En définitive, l’étude confirme une double réalité du marché francilien : la revente rapide est aujourd’hui risquée, tandis que l’investissement immobilier conserve sa logique patrimoniale sur le long terme. Comme le résument les notaires, les marchés les plus chers demeurent plus volatils mais aussi plus rémunérateurs à long terme, quand les secteurs périphériques offrent davantage de stabilité, au prix de gains plus limités.