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16 mar. 2026
L’investissement dans un logement étudiant a-t-il de l’avenir ?
Les étudiants subissent de plein fouet les difficultés actuelles du marché locatif en France. Selon une enquête du syndicat étudiant la Fage, près d’un étudiant sur quatre dispose de moins de 100 euros pour vivre une fois son loyer réglé. Dans ce contexte tendu, notamment dans les grandes villes universitaires, le secteur des résidences étudiantes connaît une forte croissance.
Une étude récente souligne toutefois que les montants investis restent insuffisants au regard des besoins. Longtemps soutenu par des dispositifs fiscaux comme le Censi-Bouvard ou le statut LMNP, favorisant l’investissement des particuliers, le marché attire désormais davantage d’acteurs institutionnels en quête de diversification et de rendements. En 2025, plus de 1,4 milliard d’euros ont été investis, un record, représentant environ un tiers des investissements résidentiels.
Cette attractivité repose sur une demande soutenue, un déficit d’offre et des taux d’occupation élevés. Le parc privé s’est développé pour compenser le manque de places en résidences universitaires publiques. En 2023, la France comptait un peu plus de 1 200 résidences étudiantes privées, soit plus de la moitié de l’offre dédiée. Malgré une cinquantaine de nouvelles ouvertures par an depuis 2019, le déficit est estimé à 250 000 logements par l’AIRES (Association interprofessionnelle des Résidences Etudiants et Services).
La dynamique pourrait toutefois être freinée par le ralentissement attendu du nombre d’étudiants. Cette évolution devrait néanmoins peu affecter la clientèle des résidences étudiantes, notamment grâce à l’augmentation marquée des étudiants étrangers. La France est aujourd’hui le sixième pays d’accueil mondial, avec environ 320 000 étudiants internationaux par an, en forte progression ces dernières années.
Deux tiers des étudiants vivent désormais hors du domicile parental. Cette décohabitation s’explique par l’allongement des études, la spécialisation des filières, l’importance accrue des expériences professionnelles et l’envie d’autonomie. Néanmoins, un tiers des étudiants reste chez ses parents, souvent faute de moyens ou d’offres abordables.
Enfin, les loyers en résidences étudiantes privées sont en moyenne plus élevés que dans le parc locatif traditionnel (environ 600 euros mensuels contre 560 euros pour un studio classique en 2024). Toutefois, ces montants incluent généralement les charges et divers services (internet, salle de sport, espaces communs, etc.). Les logements, principalement des studios d’environ 18 m², sont meublés et équipés, et les résidences récentes proposent de nombreux services supplémentaires (laverie, salles de travail, espaces extérieurs, voire cinéma ou cafétéria).