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16 mar. 2026
Immobilier : les femmes restent moins nombreuses à acheter seules et doivent redoubler de stratégies pour sécuriser leur projet
Alors que l’accès à la propriété constitue un levier majeur de sécurité financière, les femmes restent moins nombreuses que les hommes à se lancer seules dans un projet immobilier. Selon une étude du courtier La Centrale de Financement, réalisée pour Les Echos, elles représentent 48 % des financements accordés à un emprunteur unique en 2025. Une tendance confirmée par Magnolia.fr, où les femmes ne représentent que 46 % des demandes de délégation d’assurance pour un achat en solo.
Plusieurs facteurs expliquent cet écart. Les femmes accèdent généralement plus tard à la propriété et disposent en moyenne de revenus légèrement inférieurs. Chez les primo-accédantes, leur premier crédit immobilier intervient autour de 35 ans contre 32 ans pour les hommes. Elles empruntent également des montants plus faibles, avec une moyenne d’environ 146 500 euros contre 149 000 euros pour les hommes. Ce différentiel est en partie compensé par un apport personnel plus important, représentant environ 28 % du coût de l’opération. Une prudence financière plus marquée qui peut toutefois retarder le passage à l’achat.
Ces écarts peuvent également se creuser du côté de l’assurance emprunteur. Les femmes étant moins souvent cadres que les hommes, elles bénéficient moins des conditions tarifaires associées à ce statut professionnel. Résultat : un taux d’assurance légèrement supérieur en moyenne, autour de 0,28 %, selon Magnolia.fr.
Au-delà des aspects financiers, les freins peuvent aussi être psychologiques ou sociaux. Certaines acheteuses hésitent à se lancer en raison des remarques de leur entourage ou de la perception du risque immobilier. Pourtant, pour les spécialistes du conseil patrimonial, transformer une charge locative en mensualité d’emprunt reste souvent une stratégie pertinente, en particulier dans les grandes villes où les loyers sont élevés.
L’achat immobilier se fait toutefois le plus souvent en couple, ce qui peut également générer des déséquilibres. Lorsque les revenus des partenaires sont différents, le montage du financement peut conduire à une situation où un seul conjoint détient réellement des droits sur le bien. Ne pas figurer sur le dossier de financement ou sur l’acte d’achat peut ainsi réduire considérablement les droits patrimoniaux en cas de séparation.
Ces situations restent relativement fréquentes. Selon la Fondation pour le logement des défavorisés, lorsque les couples ne possèdent pas leur logement à parts égales, le propriétaire unique est le plus souvent l’homme. Un déséquilibre qui illustre les effets persistants des inégalités économiques entre femmes et hommes sur l’accès à la propriété et la constitution du patrimoine.