Comprendre l'immobilier
Besoin de connaître l’actualité immobilière ? D’un cours de rattrapage sur la dernière loi en vigueur ? Ou juste curieux sur un sujet précis ?

16 mar. 2026
Crédit immobilier : des taux en légère baisse mais un marché encore sous tension
Après plusieurs mois de remontée, les taux des crédits immobiliers semblent amorcer un léger recul à l’approche du printemps, période traditionnellement dynamique pour le marché immobilier. Selon l’observatoire de CSA Crédit Logement, les taux avaient atteint en moyenne 3,16 % fin 2025 avant de progresser légèrement en début d’année. En février, ils s’établissaient ainsi autour de 3,11 % sur 15 ans, 3,25 % sur 20 ans et 3,32 % sur 25 ans.
Depuis mars, plusieurs courtiers constatent toutefois un mouvement inverse. Les barèmes bancaires affichent des baisses comprises entre 0,10 et 0,40 point, avec des taux moyens proches de 3,15 % sur 15 ans, 3,35 % sur 20 ans et 3,55 % sur 25 ans. Les banques semblent ainsi chercher à relancer la production de crédits et à capter davantage d’emprunteurs dans un contexte de reprise progressive du marché.
Cette stratégie commerciale s’inscrit dans une période clé pour les établissements bancaires. Chaque banque ajuste désormais ses grilles de taux en fonction de ses objectifs commerciaux, des volumes visés et des profils d’emprunteurs qu’elle souhaite attirer. Les établissements cherchent notamment à élargir leur base de clientèle afin d’atteindre leurs objectifs annuels de production de crédits.
Cependant, l’environnement économique et géopolitique pourrait rapidement rebattre les cartes. Les tensions internationales récentes pourraient provoquer une remontée des taux d’emprunt d’État, notamment de l’OAT à dix ans, référence pour la fixation des taux immobiliers. Une telle évolution aurait mécaniquement un impact sur le coût des crédits pour les particuliers et pourrait freiner certains projets immobiliers en cas de dégradation de la conjoncture.
Dans ce contexte incertain, les conditions d’emprunt restent également marquées par un allongement inédit des durées de financement. D’après les données du Haut Conseil de stabilité financière, la durée moyenne des prêts immobiliers atteint désormais environ 22 ans et demi. Près de la moitié des emprunts s’étendent même sur une période comprise entre 25 et 30 ans, contre moins de 38 % en 2019.
Cet allongement des durées constitue une réponse à la baisse du pouvoir d’achat immobilier des ménages. En étalant les remboursements, les emprunteurs peuvent maintenir des mensualités compatibles avec la règle d’endettement maximale de 35 % imposée par le HCSF. Cette stratégie permet d’augmenter la capacité d’emprunt mais renchérit le coût total du crédit, les taux étant généralement plus élevés sur les durées longues.
Ainsi, malgré les premiers signes d’assouplissement observés dans les barèmes bancaires, les professionnels restent prudents : la baisse récente des taux pourrait s’avérer fragile dans un environnement économique encore incertain.