Comprendre l'immobilier
Besoin de connaître l’actualité immobilière ? D’un cours de rattrapage sur la dernière loi en vigueur ? Ou juste curieux sur un sujet précis ?

16 mar. 2026
À Aubervilliers, la transformation de bureaux vides en logements s’accélère
À Aubervilliers, un ancien ensemble de bureaux est en passe d’être transformé en logements, illustrant une tendance croissante en Île-de-France face à l’explosion de la vacance de bureaux. Début 2026, près de 6,2 millions de m² de bureaux y sont inoccupés, un niveau record, conséquence notamment du télétravail et de l’éloignement domicile-travail.
Dans ce contexte, la foncière Société de la Tour Eiffel a engagé depuis plus de quatre ans la reconversion d’un ancien site industriel situé rue du Sucre. Ce bâtiment, autrefois occupé par l’entreprise Atos puis utilisé comme data center, a également accueilli temporairement le collectif d’artistes POUSH. Le projet prévoit désormais la création de logements familiaux, d’une résidence étudiante, de bureaux et d’un centre culturel, tout en conservant les bâtiments existants et en ajoutant environ 2 000 m² supplémentaires.
Malgré un coût moyen de transformation d’environ 3 500 €/m² en région parisienne et l’obligation d’intégrer 30 % de logements sociaux, l’enjeu économique n’est pas jugé rédhibitoire par l’opérateur. Les charges liées à des bureaux vacants — taxe foncière, taxe sur les bureaux ou coûts de maintenance — peuvent en effet peser lourd, comme l’illustrent les 800 000 € de frais annuels assumés pendant plusieurs années pour ce site.
Le principal obstacle reste souvent administratif. La transformation dépend des règles d’urbanisme, notamment du plan local d’urbanisme, parfois décidé à l’échelle intercommunale. À Aubervilliers, le projet a nécessité une modification du document d’urbanisme par l’intercommunalité Plaine Commune, un processus qui s’étale sur plusieurs années.
Cette reconversion apparaît toutefois cohérente avec les évolutions du territoire : la commune connaît une forte hausse du nombre d’actifs-résidents, tandis que les emplois tertiaires se concentrent ailleurs, ce qui renforce l’intérêt de transformer des bureaux en logements. Plusieurs propositions nationales visent d’ailleurs à faciliter ces opérations, notamment en adaptant la fiscalité pour encourager les propriétaires et les communes à privilégier la transformation plutôt que la démolition.