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16 mar. 2026
Logement neuf : entre incertitudes économiques et lancement hésitant du dispositif Jeanbrun, la reprise tarde à se concrétiser
Alors que les professionnels de l’immobilier espéraient un redémarrage du marché en 2026, les perspectives de reprise du logement neuf apparaissent déjà plus incertaines. Réunis au MIPIM, les acteurs du secteur ont affiché une prudence croissante, notamment en raison des tensions géopolitiques au Moyen-Orient et de leurs possibles répercussions sur les taux d’intérêt, facteur clé pour la promotion immobilière.
Le marché du logement neuf reste en effet fortement fragilisé. Selon les professionnels, l’activité a reculé de plus de 10 % en 2025 et d’environ 45 % depuis 2019, dernière année avant la crise du secteur. La disparition du Dispositif Pinel, qui soutenait massivement l’investissement locatif, a laissé un vide important : les investisseurs particuliers représentaient auparavant entre 60 000 et 70 000 logements par an, soit plus d’un tiers des ventes dans le neuf.
 
Pour compenser cette disparition, le gouvernement a introduit le statut du bailleur privé, souvent appelé dispositif Jeanbrun, du nom du ministre du Logement. Ce mécanisme vise à encourager l’investissement locatif en associant avantages fiscaux et critères liés aux loyers, à la durée de détention ou à la performance environnementale des logements.
 
Mais son déploiement apparaît encore hésitant. Contrairement au Pinel, qui proposait un avantage fiscal uniforme, le nouveau dispositif produit des effets différents selon la tranche marginale d’imposition des investisseurs. Cette complexité oblige les promoteurs à adapter leur offre commerciale et ralentit la mise sur le marché des programmes.
 
Face à ces incertitudes, la Fédération des promoteurs immobiliers a rappelé récemment que la commercialisation du dispositif ne nécessitait pas de décret supplémentaire, signe des interrogations persistantes au sein de la filière. Dans le même temps, les bailleurs sociaux, qui ont soutenu une partie de l’activité pendant la crise, disposent de marges financières limitées pour renforcer encore leur intervention.
 
Au final, si ces évolutions ne devraient pas provoquer un nouvel effondrement du marché, les professionnels se montrent prudents. La plupart estiment désormais qu’un véritable rebond du logement neuf ne pourra intervenir qu’à partir de la fin de l’année 2026, à condition que les taux d’intérêt restent stables et que les nouveaux dispositifs de soutien trouvent réellement leur public.
 
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