Comprendre l'immobilier

Besoin de connaître l’actualité immobilière ? D’un cours de rattrapage sur la dernière loi en vigueur ? Ou juste curieux sur un sujet précis ?

27 avr. 2026
À Paris, le poids des locataires façonne les politiques du logement
À Paris, la structure du marché immobilier influence directement les choix politiques. Avec seulement 33 % de propriétaires (contre 57 % en moyenne en France) et près de deux tiers de locataires, ces derniers constituent un électorat majoritaire, capable de peser décisivement sur les élections municipales.
Cette réalité explique en partie les orientations prises depuis 2001 par les municipalités successives. Les politiques menées ont souvent favorisé les locataires, à travers des mesures comme l’encadrement des loyers ou le développement du logement social, au détriment des propriétaires. À titre d’exemple, la taxe foncière a fortement augmenté en 2022, tandis que la taxe DMTO (frais de notaire) est passée de 4,5 % à 5 % en 2023.
 
La capitale se caractérise également par des déséquilibres structurels. Malgré une baisse de la population, passée de 2,8 millions d’habitants en 1954 à 2,1 millions en 2024, le parc de logements a progressé pour atteindre 1,4 million d’unités, soit 200 000 logements supplémentaires. Pourtant, le nombre de résidences principales a diminué, notamment en raison de 120 000 logements vacants (9 % du parc) et de 130 000 résidences secondaires (10 %).
 
Dans ce contexte, la pression immobilière reste très forte. Les prix d’achat avoisinent en moyenne 10 000 €/m², avec de fortes disparités selon les quartiers (de 6 640 € à près de 16 000 €). Les loyers atteignent environ 30 €/m², et le taux d’effort logement dépasse fréquemment 40 % des revenus des ménages. À cela s’ajoute une surface moyenne par foyer limitée à 46 m², contre 91 m² au niveau national.
 
Pour répondre à ces tensions, la Ville a renforcé sa politique de logement public. La part des logements sociaux et intermédiaires est passée de 13,4 % en 2001 à 25 % en 2024, avec notamment 2 000 logements préemptés en 2025. L’objectif affiché est d’atteindre 40 % de logements publics d’ici 2035, voire 60 % à plus long terme, dans une logique inspirée de modèles comme celui de Vienne.
 
Dans ce paysage, la stratégie politique apparaît étroitement liée à la sociologie parisienne : en s’adressant prioritairement aux locataires, majoritaires, les élus cherchent à consolider leur base électorale, quitte à accentuer les tensions avec les propriétaires.
 
Paris IDF location
haut de la page