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27 avr. 2026
Fiscalité : l’IFI atteint 2,3 milliards d’euros en 2025, porté par la hausse du nombre de contribuables
L’impôt sur la fortune immobilière (IFI) poursuit sa progression en 2025, avec des recettes atteignant 2,3 milliards d’euros, soit une hausse de 8 % sur un an. Une dynamique qui s’explique avant tout par l’augmentation du nombre de foyers imposables.
Selon la Direction générale des finances publiques, 193 600 ménages sont désormais assujettis à l’IFI, contre 186 000 en 2024, soit une hausse de 4 % en un an. Cette progression est liée à l’augmentation des valeurs immobilières, mais aussi à l’absence d’indexation du barème depuis la création de l’impôt en 2018.
 
Le patrimoine immobilier moyen des contribuables concernés dépasse désormais 2,5 millions d’euros, en hausse de 1,5 %, contribuant également à l’augmentation des montants collectés. En moyenne, les ménages paient près de 12 000 euros d’IFI, contre 11 600 euros l’année précédente.
 
Une fiscalité très concentrée
 
La répartition des contribuables reste fortement déséquilibrée :
  • Près de 75 % des foyers disposent d’un patrimoine compris entre 1,3 et 2,57 millions d’euros, avec un impôt moyen de 5 400 €
  • Plus de 20 % se situent entre 2,57 et 5 millions d’euros, avec un IFI moyen de 17 000 €
  • Moins de 6 % des contribuables possèdent un patrimoine supérieur à 5 millions d’euros, mais ils génèrent à eux seuls 37 % des recettes totales
Les foyers les plus fortunés, avec plus de 10 millions d’euros de patrimoine immobilier, s’acquittent en moyenne de 189 200 euros d’IFI. Depuis 2018, leur nombre a d’ailleurs fortement progressé, avec une hausse de 83 %, illustrant l’enrichissement des patrimoines immobiliers les plus élevés.
 
Des profils spécifiques et des revenus élevés
 
Les contribuables soumis à l’IFI présentent des caractéristiques distinctes : ils vivent majoritairement en Île-de-France, sont plus âgés et plus souvent en couple que la moyenne. Leurs revenus sont également nettement supérieurs, atteignant en moyenne 322 100 euros par an, contre 35 800 euros pour les ménages non assujettis.
 
Leur fiscalité est aussi plus diversifiée : les revenus de capitaux mobiliers représentent 36 % de leurs ressources, contre seulement 3,2 % pour les autres contribuables.
 
Le cas des foyers sans impôt sur le revenu
 
Parmi les assujettis, 13 300 foyers ne paient pourtant aucun impôt sur le revenu. Cette situation s’explique par des revenus faibles, des dispositifs de réduction fiscale ou des profils spécifiques, notamment des personnes âgées (la moitié a plus de 68 ans).
 
L’administration fiscale reste vigilante : environ 4 000 foyers ont été contrôlés ces dernières années, donnant lieu à des redressements dans de nombreux cas, dont près de 2 000 situations récemment régularisées.
 
Une tendance structurelle à la hausse
 
Depuis son remplacement de l’ISF en 2018 (qui rapportait alors 1,9 milliard d’euros), l’IFI suit une trajectoire haussière continue. En cause : la progression des prix de l’immobilier et un barème inchangé, qui élargit progressivement l’assiette de l’impôt.
 
Dans un contexte de tension sur le logement et de débat sur la fiscalité des plus aisés, cette évolution pourrait continuer d’alimenter les discussions sur l’équité et l’efficacité de cet impôt.
 
Fiscalité IFI
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