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27 avr. 2026
Paris durcit le ton contre les logements vacants : une fiscalité doublée dès 2027
La Ville de Paris annonce un renforcement inédit de la taxation des logements vacants et des résidences secondaires. Objectif : remettre sur le marché des milliers de biens inoccupés et desserrer la pression immobilière dans la capitale.
Une fiscalité renforcée pour lutter contre la vacance
La municipalité parisienne passe à l’offensive face à la crise du logement. Dès 2027, le taux de la taxe sur les logements vacants pourrait être doublé, passant de 17 % à 30 % la première année, et de 34 % à 60 % la seconde, calculé sur la valeur locative cadastrale.
Cette mesure, rendue possible par la loi de finances 2026, vise à inciter fortement les propriétaires à remettre leurs biens sur le marché. Aujourd’hui, cette taxe représente en moyenne entre 1 500 et 2 000 euros par an, un montant qui pourrait donc être multiplié par deux.
Pour l’exécutif parisien, le message est clair : les logements doivent être occupés. Louer ou vendre devient désormais une injonction assumée.
300 000 logements inoccupés dans la capitale
La Ville estime à près de 300 000 le nombre de logements inoccupés à Paris, dont environ la moitié sont des résidences secondaires. Parmi eux, 150 000 sont considérés comme vacants, répartis entre vacance « frictionnelle » (en transition) et vacance « structurelle ».
Selon les données avancées, environ 36 000 logements seraient inoccupés depuis plus de deux ans, soit près de 14 % du parc privé. Une situation jugée préoccupante, d’autant que ce volume augmenterait de 7 000 logements par an.
La municipalité pointe également la concentration de la propriété immobilière : 40 % des logements privés seraient détenus par des multipropriétaires possédant au moins cinq biens.
Résidences secondaires dans le viseur
Au-delà des logements vacants, la Ville souhaite également reprendre la main sur la fiscalité des résidences secondaires, estimées à 150 000 unités.
L’objectif est de pouvoir moduler plus librement leur taxation, aujourd’hui liée à la taxe foncière, afin d’en augmenter le niveau. La municipalité s’appuie notamment sur des exemples étrangers comme Vancouver ou Bruxelles, où des fiscalités plus élevées ont permis de réduire significativement le nombre de logements inoccupés.
Une nouvelle brigade pour encadrer le marché
Autre levier annoncé : la création d’une « brigade de protection du logement » d’environ 150 agents. Cette structure aura pour mission de lutter contre les locations touristiques illégales, l’habitat indigne et certaines pratiques spéculatives.
Elle interviendra également pour faire respecter l’encadrement des loyers et accompagner les locataires confrontés à des abus, comme les détournements de baux ou les ventes à la découpe. Un portail en ligne permettra aux habitants de signaler les situations problématiques.
Une opposition vent debout
Ces annonces suscitent de vives critiques à droite. Plusieurs élus dénoncent une pression fiscale excessive sur les propriétaires, déjà fortement mis à contribution, et parlent d’une politique « punitive ».
Certains pointent également un déséquilibre dans le traitement du logement, évoquant l’état du parc social et le nombre élevé de demandeurs, estimé à 320 000.
Malgré ces oppositions, la municipalité assume une ligne offensive, convaincue que la mobilisation du parc existant constitue une réponse prioritaire à la crise du logement à Paris.