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27 avr. 2026
Immobilier : Jinka perd à nouveau en justice face aux portails d’annonces
La start-up d’agrégation d’annonces immobilières essuie une nouvelle défaite judiciaire, cette fois contre Leboncoin. La cour d’appel de Versailles alourdit la sanction et confirme l’illégalité de certaines pratiques de collecte de données.
Une condamnation alourdie en appel
 
Après un premier revers face à SeLoger fin 2025, la start-up Jinka enregistre une nouvelle défaite judiciaire. Opposée à Leboncoin, la jeune pousse a été condamnée par la cour d’appel de Versailles à verser 200 000 euros de dommages et intérêts, contre 50 000 euros en première instance, ainsi que 53 000 euros de frais d’avocats.
 
La justice lui ordonne également de cesser toute extraction de données issues de la plateforme et de publier la décision sur son site, sous peine de sanctions financières.
 
Le “scraping” au cœur du litige
 
Le conflit porte sur la pratique du “scraping”, utilisée par Jinka pour collecter automatiquement des annonces (textes, photos, données) publiées sur Leboncoin, avant de les redistribuer via son application.
 
La cour estime que cette réutilisation porte atteinte au droit du producteur de base de données, en l’occurrence Leboncoin, qui investit dans la collecte et l’organisation de ces contenus. Elle s’appuie pour cela sur une directive européenne de 1996, intégrée au droit français.
 
Jinka défendait une logique d’indexation, comparable à celle d’un moteur de recherche. Un argument rejeté par les juges, qui considèrent que les pratiques vont au-delà d’un simple référencement.
 
Une innovation jugée insuffisamment démontrée
 
La start-up mettait en avant son rôle dans la transparence du marché immobilier et la lutte contre les arnaques. Si ces éléments avaient été partiellement reconnus en première instance, la cour d’appel s’est montrée plus sévère, jugeant les preuves d’innovation « indigentes ».
 
Son cofondateur critique de son côté une réglementation « obsolète », estimant qu’elle ne prend pas en compte les évolutions liées à l’intelligence artificielle et aux usages des données.
 
Une série de procédures en cours
 
Ce nouveau revers s’inscrit dans un contexte judiciaire tendu pour Jinka. En décembre 2025, elle avait déjà été condamnée face à Digital Classifieds France. Une autre procédure est en cours contre Bien’ici devant le tribunal judiciaire de Paris.
 
Face à ces contentieux, la start-up affirme avoir fait évoluer son modèle. Elle revendique 4 millions d’utilisateurs et privilégie désormais la collecte de données directement auprès des agences immobilières, tout en nouant des partenariats avec certaines plateformes comme Gens de Confiance.
 
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