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22 mai 2026
Encadrement des loyers : la guerre des chiffres fait rage
Une étude de l'Atelier parisien d'urbanisme affirmait lundi l'efficacité du dispositif. L'observatoire immobilier Clameur, émanation des professionnels du secteur, publie des conclusions radicalement opposées. Derrière le débat méthodologique, c'est bien la pertinence d'une politique du logement qui est en jeu.
Deux études, deux verdicts incompatibles
L'Atelier parisien d'urbanisme (Apur) l'affirmait lundi sans ambiguïté : l'encadrement des loyers aurait permis de réduire les loyers de 5 % en moyenne à Paris depuis 2019, et de près de 5 % dans les autres villes concernées. Moins de 24 heures plus tard, l'observatoire Clameur — soutenu par une trentaine d'entreprises et fédérations immobilières — publie une analyse aux conclusions inverses : aucun effet significatif sur les loyers n'est observable à Bordeaux, Montpellier, Lyon ou Lille, selon ses données.
 
Un désaccord méthodologique de fond
La controverse ne porte pas seulement sur les résultats, mais sur la manière de les produire. L'Apur évalue l'impact du dispositif en comparant les loyers réels à un loyer « contrefactuel », calculé à partir de l'évolution des prix dans un groupe de villes non encadrées — Marseille, Nantes, Toulouse, Strasbourg, entre autres. Clameur conteste précisément ce choix : comparer Paris, ville en décroissance démographique, à des métropoles en expansion constituerait selon lui un biais majeur qui fausse l'ensemble de l'analyse.
 
 
L'offre locative sous tension
Au-delà du niveau des loyers, Clameur pointe un autre phénomène : la contraction du parc locatif privé. Entre 2020 et 2022, 5,64 % des logements locatifs disparaissaient chaque année du marché — contre 3,2 % entre 2016 et 2019 — sous l'effet combiné de la pandémie et des nouvelles exigences de décence énergétique. Si ce rythme s'est depuis normalisé, le parc n'a pas récupéré les logements perdus. Les loyers, eux, ont progressé de 2,10 % en 2025 à l'échelle nationale, la hausse étant quasi généralisée sur le territoire.
 
Une bataille d'experts aux enjeux politiques évidents
Derrière la querelle des chiffres se dessine un affrontement entre deux visions du marché du logement. Pour le président de Clameur, Jean-Michel Camizon, l'encadrement des loyers et le permis de louer produisent avant tout « un fort effet psychologique sur les bailleurs », les incitant à retirer leurs biens du marché plutôt qu'à les louer. Un argument classique des lobbys immobiliers, qui mérite d'être mis en regard du fait que l'Apur est, lui, une agence publique financée par la métropole du Grand Paris — partisane déclarée du dispositif. La neutralité n'est revendiquée d'aucun côté.
 
Immobilier encadrement des loyers
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