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22 mai 2026
Crédit immobilier : le prêt relais est-il vraiment plus risqué qu’une vente avant achat ?
Longtemps perçu comme coûteux et risqué, le prêt relais continue de susciter la méfiance des acheteurs immobiliers. Pourtant, selon plusieurs courtiers, sa mauvaise réputation mérite d’être nuancée.
Le prêt relais permet à un propriétaire d’acheter un nouveau logement avant d’avoir vendu l’ancien. Ce financement temporaire, généralement accordé sur une durée de 12 à 24 mois, est remboursé dès la vente du bien initial. Aujourd’hui, il représente environ 6 % des dossiers de crédit immobilier.
Un coût parfois inférieur à une vente avant achat
Contrairement aux idées reçues, le prêt relais peut s’avérer plus avantageux financièrement qu’une vente préalable suivie d’une location temporaire. À Paris, une opération de vente avant achat peut générer plus de 12 000 € de coûts entre loyers temporaires et double déménagement.
À l’inverse, un prêt relais sans rachat du premier crédit coûterait environ 9 000 €. En revanche, lorsque le premier prêt immobilier est racheté dans l’opération, la facture grimpe davantage, pouvant dépasser 16 000 €.
Même constat à Rennes, où certaines simulations montrent qu’un prêt relais peut rester moins coûteux qu’une vente avant achat, tout en évitant les contraintes logistiques d’un déménagement intermédiaire.
Un outil surtout utilisé par des ménages aisés
Les utilisateurs du prêt relais sont majoritairement des secundo-accédants disposant déjà d’un patrimoine immobilier. Ils empruntent en moyenne 478 000 €, contre 222 000 € pour le marché global, avec un apport moyen de 82 000 €.
Le principal frein reste moins le coût que la trésorerie nécessaire pendant la période transitoire. Dans certains cas, les ménages doivent supporter simultanément plusieurs mensualités, pouvant atteindre près de 4 850 € par mois à Paris.
Un risque aujourd’hui mieux encadré
Le risque principal du prêt relais reste l’absence de vente du bien dans les délais prévus. Mais les banques ont considérablement renforcé leurs précautions depuis les crises immobilières passées : estimations prudentes, quotités limitées à environ 70 % de la valeur du bien et vérification des prix de marché.
Pour les courtiers, le prêt relais reste donc une solution pertinente pour les ménages disposant d’une situation financière solide, notamment lorsqu’il permet d’éviter un double déménagement et une location temporaire coûteuse.