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22 mai 2026
SCPI, OPCI : une reprise freinée par les tensions économiques
Après plusieurs années de crise, les SCPI montrent quelques signes de redressement en 2026, même si la situation reste fragile. Au premier trimestre, elles ont collecté 1,15 milliard d’euros, soit une hausse de 10 % sur un an. Les retraits en attente diminuent également, même si 2,44 milliards d’euros de parts restent encore bloqués fin mars. Les prix des parts se stabilisent, avec une baisse limitée à 0,9 % sur les trois premiers mois de l’année, loin des fortes corrections observées depuis 2022.
Cette amélioration pourrait toutefois être freinée par le contexte international. La guerre en Iran et la remontée des taux d’intérêt inquiètent les acteurs du secteur. Le taux de l’OAT française à dix ans est ainsi passé de 3,22 % à 3,7 % en quelques semaines, tandis que l’inflation atteint 3 % en Europe.
Autre signal d’alerte : les rendements des SCPI continuent de s’éroder. Près de 48 % des fonds ont réduit leurs dividendes trimestriels de 14,5 % en moyenne par rapport à 2025. Les sociétés de gestion doivent notamment financer des travaux de rénovation sur leurs immeubles et adapter leurs performances à un marché moins favorable, en particulier pour les bureaux.
Le crowdfunding immobilier traverse également une période difficile. Après un pic à 1,6 milliard d’euros collectés en 2022, le secteur est retombé à 845 millions d’euros en 2025. Les retards de remboursement de plus de six mois concernent désormais 30 % des projets, contre 9,5 % en 2024.
La situation est encore plus compliquée pour les sociétés civiles immobilières (SCI) et les OPCI. Les SC ont vu leur actif net passer de 25 milliards d’euros fin 2022 à moins de 21 milliards aujourd’hui. Les OPCI, eux, sont tombés de 21 milliards d’euros début 2022 à moins de 11 milliards fin mars 2026, avec 6,5 milliards d’euros retirés par les investisseurs en trois ans.
Certaines SCPI passées à capital fixe subissent aussi de très fortes décotes sur le marché secondaire. Fin avril, les baisses atteignaient jusqu’à –62 % pour Primopierre, –53 % pour Novapierre Résidentiel ou encore près de –40 % pour plusieurs fonds gérés par Paref Gestion.
Même si les SCPI semblent retrouver progressivement des couleurs, l’ensemble du secteur immobilier financier reste sous forte pression, entre baisse des performances, manque de liquidité et remontée des taux.