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09 juin 2026
Immobilier : les acheteurs intègrent progressivement le risque climatique dans leurs décisions
Longtemps reléguée au second plan, la question climatique commence à peser dans les arbitrages immobiliers des Français. Selon une étude OpinionWay, 77 % des candidats à l’achat déclarent désormais tenir compte des risques climatiques dans leur choix immobilier. Malgré cette prise de conscience progressive, les biens situés dans les zones exposées, notamment sur le littoral, continuent toutefois de se vendre à des prix élevés.
Les risques liés au changement climatique : submersion marine, recul du trait de côte, inondations, sécheresse ou incendies, s’invitent progressivement dans les critères d’achat immobilier. D’après l’étude, 36 % des acquéreurs potentiels considèrent même ces risques comme un facteur déterminant. Les générations les plus âgées y sont davantage sensibles, notamment dans une logique de transmission patrimoniale.
 
Cette vigilance est particulièrement forte dans les communes exposées comme La Rochelle, Arcachon, Biarritz ou Saint-Malo, où les risques côtiers sont désormais clairement identifiés. Depuis 2023, les annonces immobilières doivent d’ailleurs mentionner les logements situés dans des zones menacées par l’érosion ou la submersion marine.
 
Malgré cela, l’attractivité du littoral reste très forte. Une étude du cabinet Callendar et de l’association Conséquences montre que 33 000 logements vendus entre 2020 et 2024 seront exposés à des risques côtiers d’ici 2050, pour une valeur totale estimée à 8,3 milliards d’euros. Les biens concernés restent même plus chers que la moyenne : en 2024, ils se vendaient encore 26 % au-dessus du prix médian dans les communes concernées, parfois davantage.
 
Selon la FNAIM, les prix des logements ont progressé plus rapidement dans les communes exposées au risque de submersion (+3 % sur un an) que dans les communes voisines ou que sur l’ensemble du territoire français. Les baisses de prix n’apparaissent généralement qu’après des événements climatiques récents, comme des inondations ou des crues, avec des décotes pouvant atteindre 20 à 30 % dans certaines zones touchées.
 
Les professionnels du secteur observent néanmoins une évolution progressive des mentalités. Les acheteurs commencent à intégrer davantage les conséquences concrètes du changement climatique sur leur confort de vie, la valeur future du bien ou les coûts associés. Cette prise de conscience suit une trajectoire comparable à celle du diagnostic de performance énergétique (DPE), devenu en quelques années un critère central dans les transactions immobilières.
 
Source : Les Echos  / Reproduction interdite
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