Comprendre l'immobilier
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09 juin 2026
Est-ce le moment de contracter un crédit immobilier ?
Malgré les tensions liées au conflit au Moyen-Orient, la hausse des taux de crédit immobilier reste pour l’instant limitée. Les experts ne prévoient pas de flambée comparable à celle observée après le début de la guerre en Ukraine, lorsque les taux étaient passés d’environ 1 % à 4 % en deux ans. Aujourd’hui, les taux moyens se situent autour de 3,4 % sur 20 ans et 3,55 % sur 25 ans, soit une augmentation modérée ces derniers mois.
Cependant, certains emprunteurs rencontrent déjà des difficultés à cause du taux d’usure, le plafond légal au-delà duquel les banques ne peuvent plus accorder de prêt. C’est le cas de certains profils pourtant très solvables, notamment des seniors, qui doivent parfois allonger la durée de leur emprunt ou revoir certaines conditions pour obtenir leur financement.
Les spécialistes estiment que les banques devraient continuer à augmenter leurs taux avec prudence, même si la Banque centrale européenne relève ses taux directeurs. Une hausse limitée de l’ordre de 0,1 % est envisagée, ce qui n’alourdirait que légèrement les mensualités des emprunteurs.
Face à l’incertitude économique et géopolitique, les acheteurs restent toutefois inquiets. Beaucoup craignent une dégradation de leur pouvoir d’achat immobilier en raison de la hausse des coûts de la vie, de l’énergie et des éventuels travaux. Les banques elles-mêmes adoptent une attitude prudente et ajustent régulièrement leurs politiques de prêt.
Les courtiers recommandent aux ménages dont le projet est prêt à être lancé de ne pas attendre une hypothétique baisse des taux, jugée peu probable. Les meilleures conditions continuent d’être obtenues par les dossiers les plus solides et par les emprunteurs qui agissent au bon moment.
Enfin, le principal risque concerne l’écart croissant entre les taux pratiqués par les banques et le taux d’usure. Selon CAFPI, 14 % des dossiers sont déjà bloqués pour cette raison. Et cette proportion pourrait atteindre 20 % si les taux continuent à augmenter. « Le taux d’usure est aujourd’hui en décalage avec la réalité des taux pratiqués par les banques. Sans ajustement, il risque de devenir un facteur de blocage massif », alerte Laura Martino, directrice des partenariats bancaires chez CAFPI. Les primo-accédants sont pour l’instant relativement épargnés grâce à des conditions d’assurance et de crédit plus favorables, tandis que les emprunteurs plus âgés restent les plus touchés.