Comprendre l'immobilier

Besoin de connaître l’actualité immobilière ? D’un cours de rattrapage sur la dernière loi en vigueur ? Ou juste curieux sur un sujet précis ?

25 sep. 2026
MaPrimeRénov’ : le recentrage des aides augmente le reste à charge des ménages
Depuis le 1er septembre 2026, MaPrimeRénov’ finance beaucoup moins de travaux réalisés « par geste ». Plusieurs équipements et opérations, notamment l’isolation, les poêles et certains systèmes de production d’eau chaude, ne sont désormais plus subventionnés individuellement. Le gouvernement entend favoriser les rénovations globales, mais cette évolution risque d’augmenter le reste à charge et de décourager certains ménages.
Depuis le 1er septembre, le périmètre de MaPrimeRénov’ s’est fortement resserré. Les travaux pouvant encore bénéficier de l’aide dans le cadre d’une rénovation « par geste » sont principalement l’installation de pompes à chaleur air-eau ou géothermiques, le raccordement à un réseau de chaleur et la dépose d’une cuve à fioul.
 
À l’inverse, plusieurs opérations sont désormais exclues du dispositif lorsqu’elles sont réalisées seules : poêles à bois ou à granulés, inserts, systèmes de ventilation, isolation des fenêtres, toitures et terrasses, chauffe-eau thermodynamiques ou solaires et autres équipements de production d’eau chaude. Ces travaux restent toutefois éligibles lorsqu’ils sont intégrés à une rénovation d’ampleur, associant au moins deux types de travaux et permettant un gain d’au moins deux classes au DPE.
 
Cette réforme touche principalement les ménages aux revenus modestes, très modestes et intermédiaires, qui étaient les principaux bénéficiaires de ces aides individuelles. Le changement est significatif pour certains équipements : au premier semestre 2026, les poêles représentaient 17 % des travaux subventionnés par geste, tandis que les pompes à chaleur air-eau représentaient 41 %.
 
Le gouvernement cherche ainsi à orienter les propriétaires vers des rénovations plus globales, jugées plus efficaces énergétiquement. Mais cette stratégie suscite des critiques : une rénovation complète implique un investissement initial beaucoup plus important et peut être difficile à organiser, notamment en copropriété. Selon Sylvain Lefèvre, président de Synergiec, un projet de rénovation en copropriété peut nécessiter environ deux ans et demi, de sa préparation à la livraison des travaux.
 
Le risque est donc de voir certains ménages reporter leurs travaux ou se limiter aux opérations qui restent aidées, plutôt que d'engager une rénovation globale. Le reste à charge risque également d’augmenter fortement : avant la réforme, certaines aides pouvaient atteindre 3 000 € pour un chauffe-eau solaire pour un ménage modeste, voire 10 000 € pour un système solaire combiné pour un ménage très modeste.
 
Le dispositif de rénovation d’ampleur est lui-même durci depuis septembre : dans les maisons individuelles, MaPrimeRénov’ n’est désormais plus accordée si le projet ne prévoit pas le remplacement d’une chaudière à gaz existante. Une obligation contestée par certains professionnels, qui estiment qu’elle peut conduire à remplacer prématurément des équipements encore fonctionnels.
 
Face à la réduction des aides, les propriétaires sont donc invités à optimiser leur plan de travaux et à mobiliser d’autres dispositifs, par exemple les certificats d’économies d’énergie (CEE). L’isolation des combles et des toitures reste notamment éligible à des primes CEE pouvant atteindre 7,20 à 12,92 €/m², y compris pour les ménages aux revenus élevés. L’éco-PTZ, accessible sans condition de ressources et pouvant atteindre 50 000 €, constitue également une solution pour limiter le reste à charge.
 
À retenir : la réforme marque un changement de logique : l’État réduit progressivement le soutien aux travaux isolés pour privilégier les rénovations globales, plus ambitieuses mais aussi plus coûteuses et complexes à mettre en œuvre. Le principal enjeu sera désormais de savoir si ce recentrage accélère réellement les rénovations performantes ou s’il conduit, au contraire, certains propriétaires à repousser leurs travaux.
 
Source : Lesechos.fr / Reproduction interdite
MaPrimeRenov' immobilier
haut de la page