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25 sep. 2026
Logement : le parcours du combattant des étudiants
Le logement étudiant est confronté à une pénurie croissante, qui se traduit par une forte concurrence entre candidats, des loyers élevés et un accès de plus en plus difficile au parc locatif privé. À Paris et dans les grandes métropoles, les étudiants se retrouvent en concurrence avec les jeunes actifs, les personnes seules ou les familles monoparentales pour les studios et deux-pièces, les logements les plus recherchés.
La situation est particulièrement tendue : près de 3 millions d’étudiants doivent se partager seulement 250 000 logements labellisés « étudiants », les autres étant contraints de vivre chez leurs parents ou de se tourner vers le parc privé. À Strasbourg, par exemple, les professionnels constatent près de 20 dossiers pour chaque logement proposé.
 
Cette tension s’explique notamment par la contraction de l’offre locative. La hausse des taux d’emprunt depuis 2022 a incité les propriétaires à rester plus longtemps dans leur logement, tandis que le retrait des passoires thermiques du marché locatif a réduit encore davantage le nombre de biens disponibles. Selon Bien’ici, la part des studios proposés à la location est passée de 73 % en 2019 à seulement 47 % en 2026.
 
Face à cette pénurie, les loyers restent élevés malgré l’encadrement des loyers. Celui-ci est notamment contourné par les compléments de loyer, mais aussi par le développement de nouvelles formes de colocation et de résidences étudiantes privées. Les grands appartements sont de plus en plus transformés en logements loués à la chambre, avec des services additionnels – mobilier, Wi-Fi, espaces communs – permettant d’augmenter le montant payé par les étudiants. Ces loyers peuvent ainsi dépasser sensiblement les plafonds réglementaires.
 
Les étudiants disposent par ailleurs de marges de manœuvre financières limitées. Les APL ne compensent plus suffisamment la hausse des loyers, leur montant étant calculé sur des loyers de référence qui ne reflètent plus les prix réellement pratiqués. Une proposition visant à prendre davantage en compte les revenus des parents a suscité l’opposition des organisations étudiantes et des associations de consommateurs, avant d’être finalement écartée par le gouvernement.
 
La construction de nouveaux logements apparaît donc comme le principal levier pour desserrer durablement la tension. Le gouvernement prévoit 75 000 logements étudiants supplémentaires d’ici 2030, dont 45 000 d’ici 2027. Mais l’offre devra continuer à progresser rapidement : les effectifs étudiants devraient rester supérieurs à 3,1 millions entre 2026 et 2027, avant de commencer à diminuer à partir de 2033.
 
Le problème du logement étudiant tient donc moins à la seule question du niveau des loyers qu'à un déséquilibre structurel entre une demande qui reste très élevée et une offre insuffisante, aggravé par la raréfaction du parc locatif privé et la montée des nouvelles formes de location.
 
Source : Le Monde / Reproduction interdite
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