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02 oct. 2026
Logement social : un parc en forte progression, mais toujours saturé
Le parc social continue de progresser en France malgré une crise locative persistante. Il représente désormais 16 % des résidences principales, avec 5,4 millions de logements sociaux, contre 4,8 millions il y a dix ans. Entre 2014 et 2024, la part du logement social a ainsi augmenté dans 125 des 171 territoires étudiés, passant de 23,2 % à 24,6 % en moyenne. Les plus fortes progressions concernent notamment des territoires qui partaient d’un niveau très faible, comme Saint-Laurent-du-Maroni (+10 points), Fréjus ou le 2ᵉ arrondissement de Lyon (+4,5 points).
À l’inverse, la part du parc social recule dans certaines villes où il est historiquement très présent. Saint-Denis perd ainsi 8 points, Vaulx-en-Velin et Meaux plus de 6 points. Cette baisse ne signifie toutefois pas nécessairement une diminution du parc : à Saint-Denis, près de 2 500 logements sociaux supplémentaires ont été construits en dix ans. Le phénomène s’explique surtout par une progression encore plus rapide du parc privé.
La loi SRU continue par ailleurs de fixer des objectifs difficiles à atteindre. Au 1er janvier 2025, 36 des 133 communes de plus de 50 000 habitants soumises à la loi n’atteignaient pas leur objectif, avec un déficit cumulé de près de 127 000 logements sociaux. Neuilly-sur-Seine affiche notamment seulement 5,9 % de logements sociaux pour un objectif de 25 %, devant Cagnes-sur-Mer (10,2 %) et Saint-Maur-des-Fossés (11,5 %). Les communes déficitaires ont cumulé 22,5 millions d’euros d’amendes, dont 10,1 millions pour Nice.
L’un des principaux enjeux reste toutefois l’écart de prix avec le parc privé. Dans les 171 territoires étudiés, le loyer social s’établit en moyenne à 6,80 €/m², contre 13 €/m² dans le privé, soit un rapport médian de 1,95. À Paris, l’écart peut atteindre trois à quatre fois le prix du social : dans le 6ᵉ arrondissement, il faut compter 8,70 €/m² dans le social contre 35,70 €/m² dans le privé. Cette différence contribue à réduire la mobilité des locataires et à maintenir la pression sur le parc social.
Résultat : la demande continue de s’accumuler. La Cour des comptes comptabilise 2,8 millions de demandes de logement social en 2024, dont 1,9 million de ménages n’ayant jamais bénéficié du parc social. Un phénomène qui illustre le paradoxe d’un parc qui s’agrandit, mais peine toujours à se désengorger.