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02 oct. 2026
Bâtiment : le redémarrage attendu n’a finalement pas eu lieu
L’année 2026 ne sera finalement pas celle du retournement de tendance espéré dans le bâtiment. En mars dernier, la FFB tablait encore sur une croissance de 2,1 % de l’activité. Elle prévoit désormais une baisse de 0,3 %, soit environ 3 milliards d’euros d’activité en moins par rapport à 2025.
Après quatre années consécutives de recul, le secteur affiche une contraction cumulée de 12,3 % et retrouve un niveau d’activité comparable à celui de la fin des années 1990. Pour Frédéric Carré, président de la FFB, le rebond observé en début d’année était avant tout « technique ».
Le logement neuf ne redémarre pas suffisamment
La construction de logements connaît bien un rebond en 2026, avec une progression attendue de 7,6 % du chiffre d’affaires, après une chute de 11,7 % en 2025. Mais cette reprise reste nettement inférieure aux prévisions de mars, qui tablaient sur +11,2 %.
La FFB estime désormais que moins de 300 000 logements neufs seront construits en 2026. Un niveau très inférieur à l’objectif gouvernemental de 400 000 logements par an et aux besoins évalués à environ 420 000.
La remontée des taux d’intérêt, l’inflation et l’attentisme des investisseurs ont notamment freiné la dynamique. Pour la FFB, les effets du plan gouvernemental de relance du logement restent, à ce stade, insuffisants.
Le non-résidentiel reste sous pression
La situation demeure également difficile pour la construction neuve de bâtiments non résidentiels : bureaux, bâtiments industriels, agricoles, administratifs ou encore hôtels.
Après une baisse de 8,2 % en 2025, la FFB anticipe désormais un nouveau recul de 0,6 % en 2026, alors qu’elle prévoyait encore une légère progression de 0,5 % au printemps.
Les surfaces autorisées continuent notamment de diminuer sur plusieurs segments. Les locaux administratifs connaissent une chute particulièrement marquée, avec -43,1 % sur la période mai-juillet par rapport à la même période de 2025.
La rénovation ne joue plus son rôle d’amortisseur
La rénovation, qui représentait environ 60 % de l’activité du bâtiment en 2025, ne parvient pas davantage à compenser la faiblesse du neuf. La FFB prévoit désormais une baisse de 2,9 % de l’activité d’amélioration-entretien en 2026, contre -0,5 % anticipé précédemment.
Le recul s’est encore accentué au deuxième trimestre, avec une baisse de 3,3 %. La rénovation énergétique est particulièrement touchée, avec une contraction de 4,3 %, et même de 4,5 % pour la rénovation énergétique des logements.
La FFB critique notamment les changements successifs concernant MaPrimeRénov’ et les choix opérés en faveur des rénovations globales au détriment des travaux ciblés.
Des entreprises fragilisées et des perspectives 2027 préoccupantes
À cette faiblesse de l’activité s’ajoute la hausse des coûts du gazole et des matériaux, qui continue de peser sur les marges des entreprises. La FFB anticipe par ailleurs la suppression de 20 000 emplois dans le secteur en 2026, après 17 000 postes perdus en 2025.
Face à cette situation, Frédéric Carré appelle les pouvoirs publics à prendre des mesures dans le cadre du projet de loi de finances pour 2027. La FFB défend notamment un renforcement du dispositif Jeanbrun destiné à soutenir l’investissement locatif privé et un assouplissement des règles encadrant le taux d’effort des emprunteurs.