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23 oct. 2026
Châteaux : un DPE parfois déconnecté du confort réel des bâtiments
Malgré leur ancienneté et leurs besoins élevés en chauffage, les châteaux n’obtiennent pas nécessairement les plus mauvaises notes au diagnostic de performance énergétique (DPE). Certains bâtiments de plus de 1 600 m², pourtant mal isolés, affichent ainsi des étiquettes C ou F. En cause, la méthode de calcul du DPE, qui rapporte la consommation énergétique à la surface habitable : plus celle-ci est importante, plus la note peut être favorable, même si le bâtiment reste difficile à chauffer.
Un impact limité sur les ventes, mais des attentes qui évoluent
Sur ce marché atypique, le DPE reste généralement secondaire face à la valeur patrimoniale du bien. Un mauvais classement ne constitue pas un frein majeur à l’achat, car les travaux à prévoir sont déjà intégrés dans l’estimation du prix.
« C'est un marché avec beaucoup d'offres, donc un château classé G sera forcément moins attractif. Sans aller jusqu'à freiner la vente, sa note pourra être un argument de négociation du prix. Il y a une vraie prime aux biens en bon état, dont la dernière campagne de travaux est récente. Les clients qui ont un projet professionnel précis peuvent se montrer patients, mais ceux qui cherchent une résidence secondaire sont pressés, ils ont envie de passer le prochain Noël dans le château. », témoigne Olivier Brunet, directeur de BARNES Propriétés & Châteaux.
Rénover sans dénaturer le patrimoine
L’amélioration du confort thermique reste possible sans altérer l’architecture historique. Parmi les solutions recommandées figurent l’isolation des combles, l’utilisation d’enduits isolants de faible épaisseur sur les murs intérieurs, ainsi que le remplacement des fenêtres dans le respect de leur apparence d’origine. Une ventilation adaptée permet également d’éviter les problèmes d’humidité liés à une meilleure étanchéité du bâtiment.
Une fois l’enveloppe du bâtiment améliorée, les chaudières au fioul peuvent être remplacées par des systèmes à granulés ou à bûches, voire par la géothermie, particulièrement adaptée aux grandes surfaces. Les châteaux disposent par ailleurs d’atouts naturels face aux fortes chaleurs : leurs murs épais, leur hauteur sous plafond, leur configuration traversante et la présence de caves ou de combles contribuent à maintenir la fraîcheur.
Le DPE ne reflète donc qu’une partie des performances de ces bâtiments anciens. Pour les experts, il doit surtout servir de point de départ à un audit adapté à l’usage du bien, afin de privilégier les travaux qui améliorent réellement le confort sans compromettre son caractère patrimonial.