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30 oct. 2026
Assurance-vie : la hausse des taux obligataires, une opportunité à double tranchant
La remontée du rendement de l’OAT française à 10 ans au-delà de 5 %, à son plus haut niveau depuis 2002, offre aux assureurs-vie la possibilité d’investir dans des obligations plus rémunératrices. Pour attirer de nouveaux capitaux et profiter de cette conjoncture, plusieurs acteurs relancent les offres de bonus sur les versements en fonds en euros, dont l’encours atteint environ 1 400 milliards d’euros.
Toutefois, l’amélioration des rendements servis ne sera que progressive. Les nouvelles obligations ne représentent qu’une faible part des portefeuilles historiques et les emprunts d’État français constituent environ un quart des actifs des fonds en euros. Sans collecte nette positive, les bénéfices de la remontée des taux resteront donc limités. Les professionnels appellent également à ne pas surestimer les bonus temporaires, qui peuvent masquer une performance de long terme moins attractive.
La création de nouveaux fonds en euros fait aussi débat. Ces véhicules permettraient de repartir sans les moins-values latentes des portefeuilles existants, mais seraient dépourvus de réserves financières pour amortir une nouvelle hausse des taux. Certains assureurs redoutent également une segmentation entre anciens et nouveaux souscripteurs, au détriment des fonds historiques.
Finzzle souligne le retour en grâce des fonds en euros, redevenus attractifs, tout en alertant sur les limites des bonus promotionnels et la nécessité de privilégier la performance à long terme. Leur attractivité pourrait aussi être fragilisée par le retour en force des comptes à terme.
Enfin, la volatilité de la dette française suscite des inquiétudes chez les épargnants. Le risque dépend néanmoins de l’exposition réelle de chaque assureur aux obligations souveraines, certains privilégiant notamment les obligations d’entreprises de qualité. Une éventuelle dégradation de la note de la France ne devrait pas, à elle seule, provoquer de crise immédiate. Le principal danger serait une vague de rachats obligeant les compagnies à matérialiser leurs moins-values.
Dans ce scénario extrême, la loi Sapin 2 autorise une suspension temporaire des rachats afin de préserver la stabilité du système financier. Cette mesure, limitée initialement à trois mois et renouvelable dans la limite de six mois consécutifs, constituerait un dispositif de sauvegarde. Avant d’y recourir, les assureurs pourraient également céder des actifs en plus-value pour répondre aux demandes de liquidités.