Comprendre l'immobilier
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06 nov. 2026
Immobilier : la remontée des taux de crédit fragilise une reprise encore incertaine
Après plusieurs mois de légère reprise, le marché immobilier ancien montre de nouveaux signes de ralentissement. Selon l’indice SeLoger-Meilleurs Agents, les prix ont reculé de 0,1 % en France en octobre, tandis que huit des onze grandes villes étudiées enregistrent désormais une baisse. La progression depuis janvier reste limitée à 0,4 %, et pourrait être effacée d’ici la fin de l’année. En cause notamment, la remontée des taux de crédit, qui réduit la capacité d’emprunt des ménages et pourrait entraîner plusieurs mois de repli. Les prix restent par ailleurs très inférieurs à leurs niveaux d’il y a cinq ans dans certaines villes, notamment à Nantes, Paris et Bordeaux.
Cette nouvelle tendance pèse sur les négociations et les projets d’acquisition. « Les négociations vont s'accentuer côté acheteur », prévient Grégory Beurrier, président du réseau Expertimo. Les acquéreurs disposent d'une marge de négociation plus importante, tandis que les vendeurs doivent ajuster leurs prétentions à des budgets désormais contraints. Les disparités territoriales restent toutefois marquées : Rennes, Nice et Montpellier figurent parmi les villes les plus touchées en octobre, alors que Toulouse, Lille et Lyon affichent encore une légère progression. L'immobilier rural résiste davantage, avec une hausse des prix proche de 4 % sur un an.
En parallèle, le nombre de transactions pourrait repartir à la baisse. Après 951 000 ventes dans l'ancien sur douze mois à fin août, les notaires anticipent environ 920 000 transactions à la fin de l'année, loin du pic de plus de 1,2 million enregistré précédemment. Les primo-accédants continuent néanmoins de représenter une part importante des acquéreurs : ils pèseraient environ une acquisition sur deux, selon Eric Allouche, directeur exécutif d’ERA France. Il nuance toutefois cette évolution : « Ce n'est pas forcément une augmentation en valeur absolue, c'est surtout une augmentation du pourcentage. » À l’inverse, les investisseurs locatifs se font plus rares, confrontés à des taux d'emprunt élevés, aux contraintes liées au DPE et à l'encadrement des loyers. Grégory Beurrier estime ainsi que les bailleurs sont « complètement absents » du marché.
Si les professionnels n'anticipent pas nécessairement une chute brutale des prix comparable à celle observée précédemment, le risque d'un nouvel attentisme est bien présent. La hausse du coût du crédit, conjuguée à la réticence des vendeurs à revoir leurs prix et à celle des propriétaires à abandonner leurs anciens prêts à taux bas, pourrait freiner davantage les transactions. Eric Allouche invite néanmoins les acquéreurs qui disposent des capacités financières nécessaires à concrétiser leur projet sans trop attendre : « Ceux qui peuvent acheter, il faut qu'ils le fassent parce que les taux vont monter. »