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06 nov. 2026
Patrimoine : les jeunes Français enregistrent une progression plus rapide que leurs aînés
Entre 2010 et 2024, le patrimoine médian brut des moins de 30 ans a presque triplé, passant de 10 400 à 26 100 euros, selon les données de l’Insee. Sur la même période, celui des 60-69 ans n’a progressé que de 219 200 à 245 000 euros. Le rapport entre le patrimoine des deux générations est ainsi passé de 21,1 à 9,4. Cette évolution s’explique notamment par un effet de rattrapage : les jeunes partaient d’un niveau de patrimoine particulièrement faible. Selon l’économiste Philippe Crevel, ils se sont également montrés davantage disposés à investir dans l’immobilier locatif et dans des placements plus risqués, comme les cryptomonnaies, ce qui leur a permis de bénéficier de rendements potentiellement supérieurs.
Cette progression ne signifie toutefois pas que les inégalités patrimoniales entre générations ont disparu. En valeur absolue, l’écart entre les moins de 30 ans et les 60-69 ans s’est même légèrement creusé, passant de 208 800 à 218 900 euros. Erwann Tison, directeur des études de l’Institut de l’entreprise, souligne que les seniors restent la génération la plus fortunée. Il estime par ailleurs que la hausse du patrimoine des jeunes, de l’ordre de 1 500 euros par an, demeure limitée au regard de l’inflation et de la valorisation des actifs. Leurs revenus disponibles plus faibles et leur capacité d’épargne réduite relativisent donc ce rattrapage, qui pourrait relever en partie d’un « trompe-l’œil ». De nombreux jeunes rencontrent toujours des difficultés pour accéder à la propriété.
La situation contraste avec celle observée aux États-Unis, où les inégalités patrimoniales entre générations se sont accentuées. Selon une enquête de la Réserve fédérale américaine, les plus de 75 ans sont désormais quinze fois plus riches que les moins de 35 ans. En trois ans, leur patrimoine médian a progressé de 37 %, tandis que celui des plus jeunes a reculé de 23 %. Philippe Crevel explique notamment cet écart par le poids des prêts étudiants et des dépenses de santé aux États-Unis, ainsi que par une culture de l’épargne différente : le taux d’épargne américain se situe autour de 4 à 5 %, contre environ 17 % en France.