Comprendre l'immobilier

Besoin de connaître l’actualité immobilière ? D’un cours de rattrapage sur la dernière loi en vigueur ? Ou juste curieux sur un sujet précis ?

21 avr. 2023
Analyse : quelle baisse des prix de l’immobilier ?
Le constat est largement partagé : les indicateurs du marché de l’immobilier sont au rouge, les prix sont en baisse partout sur le territoire. Et la cause est largement connue : la hausse des taux et la fin de l’argent facile. Mais un point de débat persiste : de combien, et jusqu’à quand les prix vont baisser ?

Les derniers indices Meilleurs Agents – Les Echos, publiés il y a deux semaines, montraient une érosion lente des prix, en baisse de 0 à 0,5% sur la plupart des marchés. Cette tendance va-t-elle se poursuivre ? Ou bien les prix vont-ils brusquement s’effondrer, après une longue résistance (ou agonie ?). La question divise. Du côté des notaires, on reste confiant et l’on défend une simple « rééquilibrage ». « L'amorce confirmée de la baisse actuelle des volumes et la décélération des prix ne pourraient être que le signe d'un ajustement semestriel et d'un retour à la normale », observaient-ils dans leur point de conjoncture en début d’année. Même son de cloche du côté du cabinet d’études Xerfi, dont le directeur d’études Vincent Desruelles estime que « face à un éventail de possibilités concernant les perspectives de l'immobilier résidentiel, notre scénario principal est celui d'une baisse modérée des prix en 2023, autour de -1 %, à l'échelon national. » Tant que les vendeurs sont réticents à baisser leurs prix, l’ajustement se fait sur le volume de transactions, qui baisse quant à lui de 10 à 15%. A mettre au crédit de cette thèse, l’endettement très limité et surtout les taux fixes, qui évitent un effondrement. Moody’s défend ainsi également une baisse des prix limitée, quand, au Royaume-Uni par exemple, les taux variables devraient faire baisse les prix jusqu’à -8%. 

Une baisse plus importante en vue ? 

Mais, malgré ces positions rassurantes, des signes d’une « accélération de la baisse » des prix commencent à se faire sentir. Les réservations dans le neuf dégringolent, et les difficultés d’accès au crédit n’ont pas, pour l’instant, d’horizon favorable. A demi-mot, certains professionnels font état d’agences immobilières en grande difficulté, avec des baisses d’activité de moitié. « Le nombre de ménages qui achètent un logement est en baisse très significative », alerte Henry Buzy-Cazaux, président fondateur de l'Institut du management des services immobiliers. 

Celui-ci anticipe « selon l'attractivité des marchés, et alors que les taux d'intérêt sur vingt ans avoisineraient 4 % à 4,5 %, sur une chute des prix de -5 % à -15 % en 2023. » Mais même cette baisse importante ne suffirait pas à compenser la perte de pouvoir d’achat des acquéreurs. « Pour s'y réajuster, argumente Loïc Cantin, président de la Fnaim, les prix devraient baisser de 15 % à 18 %. » 

 

Source : Les Echos / reproduction interdite  

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