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1 sep. 26

Taux de crédits immobilier : La parenthèse estivale se referme

Après un été au beau fixe, le ciel se couvre sur le marché du crédit immobilier. La stabilité de juin-juillet laisse place, depuis mi-août, à un mouvement haussier sur l’ensemble des durées : ce n’est pas un retournement brutal, mais un changement de régime, les banques répercutant dans leurs barèmes la dégradation de leurs conditions de financement.
Les taux repartent à la hausse
 
Pour ce mois d’août, CAFPI a négocié pour ses clients des taux moyens de :
- 3,23 % sur 15 ans (+ 7 points de base par rapport à juillet),
- 3,43 % sur 20 ans (+ 13 points de base),
- 3,53 % sur 25 ans (+ 10 points de base).
 
Au-delà du mouvement général, son ampleur selon les durées mérite d’être observée : la hausse est nettement marquée sur 20 et 25 ans, qui concentrent une large part des financements des ménages, notamment des primo-accédants.
 
Cette tension trouve sa source dans un environnement économique et monétaire plus contraignant : le 23 juillet, l'OAT française à 10 ans a franchi le seuil des 4 % pour la première fois depuis 2009, renchérissant le refinancement des banques. Elle est renforcée par une inflation à 2,9 % sur un an en zone euro en juillet, supérieure à la cible de la BCE, qui limite sa marge de manœuvre. Prises en tenaille, les banques répercutent ce coût dans leurs barèmes.
 
Les meilleurs profils, bien que davantage protégés, subissent aussi cette hausse et peuvent encore obtenir des taux de :
  • 3,00 % sur 15 ans (+ 2 points de base),
  • 3,10 % sur 20 ans (identique),
  • 3,25 % sur 25 ans (+ 5 points de base).
Ces taux confirment la concurrence des banques pour les dossiers les plus intéressants, avec une sélectivité accrue dans le financement.
 
Trois rendez-vous qui donneront la direction de l’automne
 
Cette remontée intervient à quelques semaines de trois échéances qui pourraient modifier l’équilibre du marché :
  • La Banque centrale européenne pourrait relever ses taux directeurs de 0,25 point le 10 septembre, renforçant la pression sur les barèmes.
  • Le 1er octobre marquera la révision du taux d’usure, qui pourrait mécaniquement progresser si la hausse engagée cet été se confirme.
  • La rentrée parlementaire verra l’examen à l’Assemblée nationale du projet de loi Relance et Décentralisation du Logement, adopté par le Sénat le 8 juillet, avec des mesures pouvant agir sur l'offre, l'investissement ou l'accession.
 
Une hausse à relativiser, mais à ne pas ignorer
 
Ce changement de tendance n’est cependant pas un retour à la situation de 2023-2024 : les mécanismes à l’œuvre diffèrent, et le scénario le plus probable reste une remontée graduelle de quelques dixièmes de point.
 
Dans ces conditions, l'équation qui prévalait depuis deux ans : patienter pour espérer de meilleures conditions, perd de sa pertinence. Les banques restent en conquête de clientèle, avec une concurrence réelle sur les meilleurs dossiers. Mais si la tension se prolonge, les barèmes d'automne pourraient être moins favorables qu'aujourd'hui.